L'invité du jour
Entretien
Lundi 6 juin 2016
1h 20mn

Karine Le Bail

Dans la France occupée, la musique est un outil essentiel de l’ambitieux dispositif culturel allemand. L’Allemagne ne se proclame-t-elle pas le pays de la musique, « Deutschland, das Land der Musik » ? Pour les vainqueurs, il ne fait aucun doute que la musique française doit s’incliner devant le génie allemand.
Durant quatre ans, une frénésie de musique s’empare alors de la population : théâtres bondés pour acclamer les grands solistes germaniques, mondanités franco-allemandes autour des concerts de prestige au service de la collaboration, artistes de renom offrant leur talent au poste allemand Radio-Paris...

Qu’est-ce donc alors qu’être musicien en situation d’occupation ? Est-ce que jouer engage ? Peut-on parler d’une musique « collaboratrice », ou « résistante » ? Comment la scène musicale a-t-elle réagi à l’exclusion de ses artistes juifs, à la collaboration de ses plus éminents compositeurs et interprètes ? Quelle a été, enfin, la réalité et la portée de son épuration ?

Karine Le Bail signe la première grande étude sur cette mise au pas de la musique sous l’Occupation, et dévoile, à partir d’archives inédites tant françaises qu’allemandes, un pan méconnu de la vie culturelle des années noires.

Karine LE BAIL est historienne, chercheuse au CNRS (Centre de recherches sur les arts et le langage, CNRS/EHESS) et productrice sur France Musique (Les Greniers de la mémoire, À pleine voix). Elle a notamment publié Pierre Schaeffer, les constructions impatientes (2010), Jean-Louis Barrault, une vie sur scène (2010) et les mémoires d’Henry Barraud, Un compositeur à la tête de la Radio (2010).

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