L'invité du jour
Entretien
Mercredi 13 mai 2015
1h 17mn

Jean-Michel Othoniel, créateur des "Belles danses" au bosquet du Théâtre d'eau à Versailles

Le plasticien Jean-Michel Othoniel fait jouer ses perles dans les jardins du Château de Versailles depuis le 12 mai 2015. Il signe également "L'Herbier merveilleux - Notes sur le sens caché des fleurs dans la peinture" paru aux éditions Actes Sud. Il est l'invité de Vincent Josse.

Les Belles Danses
Sculptures fontaines pour le bosquet du Théâtre d’Eau du château de Versailles
Commande publique

Présentation :

" Pour la première fois depuis trois siècles, Versailles s’enrichit d’une création contemporaine installée de façon pérenne dans ses jardins. À l’issue d’un concours international, l’artiste Jean-Michel Othoniel et le paysagiste Louis Benech sont invités à redonner vie au bosquet du Théâtre d’Eau.

Un vaste chantier qui aura duré plus d’un an s’achèvera en septembre 2014 et offrira au public à partir du printemps 2015 l’enchantement de trois sculptures fontaines, évocation poétique et contemporaine du Roi-Soleil dansant sur des miroirs d’eau. Lieu de métamorphoses, le bosquet du Théâtre d’Eau a connu les fastes et les vicissitudes du temps. Théâtre de verdure créé par André Le Nôtre entre 1671 et 1674, il est remanié au début du XVIIIe siècle, puis détruit sous Louis XVI pour laisser place à un espace engazonné rebaptisé le bosquet du Rond Vert. Invitation à la promenade depuis le XIXe siècle jusqu’au coup de grâce que lui porte la grande tempête de décembre 1999, l’ancien bosquet servait récemment d’espace technique et logistique pour les événements qui se déroulent dans le jardin.

Le bosquet du Théâtre d’Eau vit aujourd’hui son ultime métamorphose. Respectueuses des codes énoncés par André Le Nôtre, les sculptures fontaines de Jean-Michel Othoniel offrent le souvenir des fastes anciens, des ors des statues et des danses du monarque devant la Cour. Ici, le visiteur a rendez-vous avec le Roi-Soleil. Les grands projets commencent souvent par une rencontre… Si Jean-Michel Othoniel et Louis Benech ne se connaissaient pas, ils avaient en partage l’amour du végétal. Le premier est intervenu à de multiples reprises dans les jardins : à Venise ou à Grenade, à Paris ou à Tokyo. Le second est célèbre pour les nombreux espaces paysagers qu’il a aménagés de par le monde. Pour le bosquet du Théâtre d’Eau, Benech souhaitait s’associer à un artiste contemporain dont l’oeuvre pourrait enrichir sa vision du jardin.

Pour Othoniel, la rencontre est aussi celle de nouveaux savoir-faire, comme celui des fontainiers et des hydrauliciens de Versailles, celle des perspectives historiques et des documents anciens qui ont nourri sa réflexion et l’ont entraîné sur des chemins inédits. Ensemble, ils ont souhaité un jardin joyeux et hédoniste, ouvert à tous les visiteurs et durant toute l’année, un lieu de contemplation où l’on se sente bien, où l’on vienne jouir de la musique de l’eau, d’un temps arrêté et du mouvement suspendu d’une danse baroque.

D’expositions en commandes publiques, le corps est le sujet récurrent du travail de Jean-Michel Othoniel. Un corps souvent absent, symboliquement évoqué par des mandorles ou les circonvolutions d’un noeud où l’on pourrait se lover. À Versailles, le corps que l’artiste a voulu sublimer est celui du Roi Louis XIV, omniprésent à travers la statuaire des jardins, triomphalement portraituré ou allégoriquement évoqué. De bibliothèques en salles des ventes, de Boston à Paris, Jean-Michel Othoniel s’est longuement documenté : il a tour à tour découvert l’analogie entre les parterres en broderie conçus par Le Nôtre et les ornements des habits du souverain ; le déplacement très codifié du Roi dans les jardins, très précisément détaillé dans le petit ouvrage écrit de sa main, Manière de montrer les jardins de Versailles ; et enfin, l’étonnante calligraphie du mouvement inventée par Raoul-Auger Feuillet en 1701 pour permettre au Roi de se souvenir des pas de danse de Cour.

Cet ouvrage a nourri les premières esquisses à l’aquarelle des trois sculptures fontaines : rigaudon et bourrée ont alors pris corps, traçant des arcs de cercles de perles dorées à la surface des miroirs d’eau. Évocation d’un mouvement joyeux et bondissant, Les Belles Danses répondent à l’objectif de l’artiste : « parler de Louis XIV de façon contemporaine ».

Ouverture officielle du bosquet le 12 mai 2015. "

A lire

- Jean-Michel Othoniel, L'Herbier merveilleux - Notes sur le sens caché des fleurs dans la peinture, Actes Sud, 192 p.

Résumé de l'éditeur :

" Dans cet ouvrage, Jean-Michel Othoniel révèle sa passion des fleurs en nous exposant leur langage secret et leur symbolique dans la peinture ancienne. En effet, lors de sa résidence à l’Isabella Stewart Gardner Museum (Boston) en 2012, Jean-Michel Othoniel découvre les archives du jardin luxuriant qu’Isabella Stewart Gardner, première femme aux États-Unis à obtenir un diplôme d’horticulture, avait organisé autour de sa demeure.

Au détour des salles du musée, où rien n’a bougé depuis le décès de sa propriétaire, Othoniel photographie les fleurs représentées dans les tapisseries, les ferronneries, les dentelles, les éléments d’architecture, le mobilier ou les tableaux de la collection, par exemple dans des chefs-d’œuvre comme le Portrait de femme de Van Dyck et sa rose virginale, L’Annonciation de Piermatteo d’Amelia et son lys majestueux ou la Sainte Engracia de Bartolomé Bermejo et sa palme mystique.

L’artiste travaille également sur la forme des végétaux pour créer des sculptures et des peintures. C’est le cas de la pivoine, omniprésente dans les collections du musée, qui lui inspire une sculpture monumentale et quatre peintures qui seront exposées en 2015 à l’Isabella Stewart Gardner Museum.

Dans ce livre précieux, qui se présente comme un abécédaire nourri au fil des salles du musée de photographies montrant des détails de peintures, de dessins et de textes, Othoniel nous dévoile pour la première fois le rapport direct qu’entretiennent ses nouvelles œuvres sculpturales et picturales avec la symbolique cachée des fleurs."

- Les Belles Dances, Versailles, dans le bosquet du Théatre d'Eau redessiné par Louis Benech
Texte de Robert Storr
Galerie Perrotin-Editions Dilecta 2015

Genèse en photo, textes et croquis des sculptures crées par Jean-Michel Othoniel pour le bosquet du Théatre d'eau au Château de Versailles, depuis le concours de sélection du projet jusqu'à la mise en eau....

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