L'invité du jour
Entretien
Mardi 29 décembre 2015
1h 9mn

Jean-Louis Benoit pour "Les Rustres" de Carlo Goldoni

« À la maison ! C’est moi qui commande », le ton est donné, on ne s’amuse pas chez Lunardo, l’un des rustres ; les femmes sont censées rester au foyer, pas question d’aller s’encanailler au Carnaval de Venise. Écrite en 1760, la comédie de Carlo Goldoni n’a jamais été jouée à la Comédie-Française, éclipsée peut-être par la célèbre Trilogie de la villégiature. Satire de la bourgeoisie commerçante vénitienne, incarnée par des hommes aussi bornés, râleurs qu’intolérants et dont la méfiance à l’égard de la gent féminine confine à l’absurde, Les Rustres illustrent parfaitement le théâtre de Goldoni, un « théâtre de la vie qui [a] un contenu vrai, des personnages observés de la réalité, une expression naturelle ». Ainsi celui que Voltaire qualifiait de « fils et peintre de la nature » scrute-t-il ses contemporains, leurs rapports et leurs comportements sociaux. Il fait alors oeuvre de divertissement tout en livrant à la postérité un témoignage aigu des moeurs de son temps. Et Jean-Louis Benoit met en garde qui voudrait réduire l’auteur à un simple « photographe du réel ». Il est bien plus que cela. « Passionné par l’homme social », ce « “poète comique” demande aux hommes de se voir et de se situer, de prendre conscience de la richesse inépuisable du quotidien, et de penser le monde au lieu de le subir. » Fidèle de la Maison et amoureux de la Troupe, le metteur en scène y a déjà monté sept productions depuis 1992 dont Les Fourberies de Scapin et Le Révizor qui lui valurent tous deux le Molière de la mise en scène. Il y revient après onze ans d’absence.

Texte issu du site de la Comédie Française

Une pièce de Carlo Goldoni, mise en scène par Jean-Louis Benoit
Jusqu'au 10 janvier 2016 au Théâtre du Vieux Colombier (Paris, 6ème)

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