L'invité du jour
Entretien
Vendredi 7 août 2015
43 min

En route sur les festivals, la violoncelliste Sonia Wieder-Atherton est l'invitée de la matinale

La violoncelliste Sonia Wieder-Atherton est l'invité de Jean-Baptiste Urbain à l'occasion de son concert le 4 août au festival de Chaillol, puis le 12 août au festival Labeaumes en Musique.

Sonia Wieder-Atherton a toujours fait de la musique son laboratoire. C’est la recherche qui l’a mené au fil du temps d’un répertoire à l’autre, de découverte en découverte. Dans une exploration permanente. Tournant et retournant les trajectoires, déviant les frontières, déjouant les présupposés dans une inlassable recherche de sens.

Elle est née à San Francisco d’une mère d’origine roumaine et d’un père américain.
Elle a grandi à New-York puis à Paris. A Paris, elle entre au Conservatoire National Supérieur dans la Classe de Maurice Gendron. Très vite, elle s’interroge sur les formes et les sons à la recherche, déjà, d’un langage commun à toutes les musiques.
A 19 ans elle passe le rideau de fer et part vivre à Moscou pour étudier avec Natalia Chakhovskaïa au Conservatoire Tchaïkovski. Elle gardera en elle de ces années russes, en plus d’un enseignement d’excellence, un rapport particulier au temps, aux histoires et aux hommes.

De retour en France elle ne cesse de questionner le répertoire. Elle est Lauréate du Concours Rostropovitch à 25 ans.
Travailleuse de fond, Sonia Wieder-Atherton expérimente sans cesse. Elle aime décrypter et comprendre la langue de compositeurs contemporains dont elle devient très vite l’allié et qui écrivent pour elle (Pascal Dusapin, Georges Aperghis, Wolfgang Rihm …).
C’est avec la même recherche qu’elle aborde les pièces du répertoire dit« classique ». Et c’est ce qui fait d’elle une interprète à part.
Elle joue en soliste sous la directions de nombreux chefs, avec entre-autres: l’Orchestre de Paris, l’Orchestre National de France, l’Orchestre National de Belgique, le Philharmonique de Liège, le Philharmonique d’Israël, l’Orchestre Gulbenkian de Lisbonne, l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg, l’Orchestre de la NDR de Hanovre, le REMIX Ensemble, Les Siècles, Asko/Schönberg… et collabore régulièrement avec des musiciens avec qui elle enregistre et joue en concerts (Imogen Cooper, Raphaël Oleg, …).

Ces dernières années, elle est à l’origine de nombreux projets qu’elle conçoit et met en scène : Chants juifs, un cycle pour violoncelle et piano ou elle s’inspire de l’art des hazan. Chants d’Est, pour violoncelle et ensemble instrumental, conçu tel un voyage de la Russie à la Mittel Europa. Vita, pour violoncelle seul et trois violoncelles, où elle raconte la vie d’Angioletta-Angel à travers deux génies hors de leur temps, Monteverdi et Scelsi. Odyssée pour violoncelle et chœur imaginaire, une femme seule avec son violoncelle accompagnée d’une bande-son, se confronte aux éléments. Vent, vagues, chaos, tempêtes... Little Girl Blue, from Nina Simone.
Pour Sonia Wieder-Atherton. Jouer Bach, Beethoven, des chants juifs ou Nina Simone, c’est faire le même geste, c’est poser la même question: celle d’une voix qui ne pourra jamais se comprendre si elle s’écoute insolemment...

En 2011, elle reçoit le prix des Arts de la Fondation Bernheim, qui désigne chaque année trois lauréats dont l’œuvre a valeur créatrice dans chacun des domaines des arts, des lettres et des sciences.

Biographie issue du site officiel

Elle sera le 12 août prochain au Festival de Labeaumes en Musique

Elle nous présentera également sa création en tournée en ce moment : "Little Girl Blue, from Nina Simone"

"Ce que je sais c'est qu'elle bouleverse et qu'elle envoûte.
Bien sûr. Ce que je sais c'est que sa voix et son chant sont seuls à la suivre à un endroit d'où personne ne rentre inchangé.
Ce que je me demande, c’est où elle-est quand soudain il me semble reconnaître un choral de Bach, ou un madrigal de Monteverdi. Que le plus souvent elle semble cacher aux creux de ses chansons.
Ce que je me demande c’est où elle est lorsque comme absente, elle s’assied au clavecin et joue ce qui pourrait être du Couperin, et que son clavier et sa voix, venus de mondes qui ne semblent pas communiquer, se cherchent, se cherchent, jusqu’à ce qu’une ritournelle d’enfant les réunissent enfin.
Il y a ces échappées où elle se lance sur le piano et c'est comme une vague puissante qui entraîne tout, une vague puissante d'harmonies. C'est comme si son chant déplaçait dans un même mouvement toutes les douleurs inguérissables, toutes les colères, toutes les solitudes. Toutes les siennes. Toutes les nôtres, aussi. Sans nous laisser le choix.
Quel est cet endroit? Est-ce l'endroit d'où elle vient, l'endroit où elle revient, un endroit antérieur même à ses études classiques, l’endroit des chants d’église de son enfance ? Là ou serait né son désir ? Seul endroit où se réconcilieraient son amour de la musique, sa sous-jacente colère, ses désobéissances, sa sourde peine ?
Ce que je sais c’est que c’est son secret.
Je me suis immergée dans son répertoire, ses arrangements, son univers harmonique et son histoire aussi. Je voudrais lui prêter la voix de mon violoncelle, portée, accompagnée par le jeu aux multiples facettes de Bruno Fontaine, et par la poésie infinie des sons de Laurent Kraif.
Et je crois qu’en me laissant porter par elle, m’apparaitront des liens secrets avec des compositeurs qu’elle aimait par dessus tout. "

Sonia Wieder-Atherton

Programme :

Black Swan
Black Is The Colour Of My True Love’s Hair
Hey, Buddy Bolden
Fodder On My Wings
Little Girl Blue
Images
Brahms / Bach: « Schmücke dich, o liebe Seele » opus 122 n°5
You Can Have Him
I Wish I Knew How It Would To Be Free
Brown Baby
Come Ye
That’s All I Want From You
Stars
Rachmaninov: Sonate en sol mineur, opus 19 (andante)
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