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Lundi 5 septembre 2016
40 min

Daniel Barenboim : « un bon chef doit s’interroger sur comment jouer ensemble »

Saskia de Ville reçoit Daniel Barenboim à l'occasion du cycle Mozart et Bruckner qu'il donne en ce début septembre à la Philharmonie de Paris.

Daniel Barenboim : « un bon chef doit s’interroger sur comment jouer ensemble »
Daniel Barenboim ©Pauline Boisaubert / France Musique

« Je suis très content d’être à Paris et de retrouver la grande salle de la Philharmonie. Je l’ai découverte l’année dernière à la tête du West-Eastern Orchestra avec lequel nous avons interprété du Ravel, Boulez et Debussy, mais aussi en tant que pianiste. C’est une salle merveilleuse qui s’adapte à chaque style de musique. L’orchestre y sonne aussi bien sur scène que dans le public. »

C’est avec l’orchestre qu’il dirige depuis maintenant vingt-cinq ans, la Staatskapelle Berlin, que Daniel Barenboim revient en ce début de saison 2016 à la Philharmonie de Paris : « le plus grand compliment pour un chef est de voir que son orchestre ne s’ennuie pas, même après tant d’années ».

Nommé directeur à vie de la Staatskapelle en 2000, le maestro a su donner à son orchestre une sonorité propre, une capacité de legato et une façon singulière de commencer les sons : « comme dans la langue parlée pour laquelle il y a différentes façons de prononcer la première consonne ou voyelle d’un mot, il y a différentes façons d’attaquer un premier son. Dans un orchestre, tous les instruments d’un même pupitre doivent pouvoir respirer ensemble, commencer le son de la même façon ».

La notion de cohésion est ainsi chère au musicien : « un bon chef doit s’interroger sur comment jouer ensemble, sur comment faire pour que ses instrumentistes pensent de la même façon », un travail long et exigeant qui explique le choix de Daniel Barenboim de ne plus se produire en tant que chef invité et de se concentrer sur son travail de directeur musical.

Jeudi 8 et vendredi 9 septembre 2016, la Staatskappelle Berlin interprète la Symphonie concertante pour instruments à vent de Mozart et la Septième Symphonie de Bruckner : un répertoire que le deuxième plus vieil orchestre du monde (fondé en 1570) maîtrise parfaitement et dont le chef a une conception bien personnelle : « il y a quelque chose de moyenâgeux dans Bruckner. Quand on écoute ses symphonies, on a l’impression de traverser cinq ou six siècles».

♫ Wolfgang Amadeus Mozart
Concerto n°26 en ré majeur K.537
Allegretto

Daniel Barenboim, piano et direction
Staatskapelle de Berlin
Warner Classics

♫ Anton Bruckner
Symphonie n°7 en mi majeur
Scherzo - Trio

Staatskapelle de Berlin
Daniel Barenboim, direction
Warner Classics

♫ Franz Schubert
Sonate n°21 en si bémol majeur D.960
Scherzo

Daniel Barenboim, piano
DGG

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