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Entretien
Lundi 28 juin 2021
36 min

Daniel Barenboim : "Je suis inquiet de la place de la spiritualité dans nos sociétés"

L'immense pianiste et chef d'orchestre Daniel Barenboim est à Paris pour une série de concerts à La Philharmonie. Retour avec lui sur ses années heureuses passées dans la capitale auprès de Nadia Boulanger et de l'Orchestre de Paris mais aussi sur son travail avec l'Académie Barenboim-Said.

Daniel Barenboim : "Je suis inquiet de la place de la spiritualité dans nos sociétés"
Le chef d'orchestre Daniel Barenboim se produira lors de 4 concerts à la Philharmonie de Paris, © AFP / DIETER NAGL

La 2° Biennale Pierre Boulez fait son retour à La Philharmonie de Paris du 28 au 30 juin. Outre les grandes œuvres de son répertoire, l’intégrale de l'œuvre pour piano de Boulez sera donnée.  Daniel Barenboim proposera deux concerts autour du compositeur français mis en regard avec des pages de Debussy et de Beethoven. Puis, les 30 juin et 1er juillet prochain, le chef d’orchestre prendra place dans la grande salle Pierre Boulez de La Philharmonie aux côtés de la Staatskapelle Berlin, dont il en est le directeur musical à vie. 

A chacune de ses venues à Paris, le chef d’orchestre se remémore ses souvenirs heureux vécus dans cette ville : "Je suis très ému et content de pouvoir revenir à Paris". Cette ville, il la connaît bien pour y avoir vécu en 1955 lors de son apprentissage auprès de Nadia Boulanger. "J’ai uniquement des souvenirs positifs avec elle. J’ai appris énormément auprès d’elle. Elle était une professeur incroyable. Elle n’enseignait pas seulement la matière mais aussi l’attitude qu’elle attendait de ses élèves envers la musique et ça c’est très important" se rappelle le chef d'orchestre.

Un jour un hautboïste de l’Orchestre de Paris m’a dit : "Maître, impossible n’est pas français !"

Puis c’est à partir de 1975 que le chef est revenu vivre dans la capitale lors de sa nomination au poste de directeur musical de l’Orchestre de Paris. "Avec l’Orchestre de Paris, j’ai vécu une période très heureuse, même si ça n’a pas été facile de succéder à des gens de très haut niveau comme Charles Munch, Karajan ou Georg Solti" nous confie Daniel Barenboim. Ces années passées à la tête de l'Orchestre de Paris étaient un véritable "échange musical" pour le chef : "Je serai toujours reconnaissant de cet orchestre, qui avait la fierté et croyait à l’importance de la musique française".

Ancré dans la société qui l’entoure, le maestro prend régulièrement la parole et porte un regard critique sur certaines lignes qui semblent enfin bouger dans le milieu musical. "Quand j’ai pris la direction du Staatsoper Berlin, j’ai recruté des assistants et il y avait une femme donc tout ça, ce n’est pas nouveau pour moi. Mais il ne faut pas forcer les choses, il ne faut pas de quotas. Il faut trouver des femmes qui sont de bonnes musiciennes et il y en a ! Mais ce n’est pas correct vis-à-vis des personnes concernées car c’est une chose artificielle qui veut corriger des erreurs du passé. J’admets et je respecte mais ce n’est pas comme ça qu’on fera avancer les choses" admet Daniel Barenboim.

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