Jeudi 29 octobre 2020
25 min

Christophe Ghristi : "On ne veut pas d'une culture en boîte, il faut que ça soit vivant !"

Au lendemain du discours d'Emmanuel Macron, le secteur culturel est en état de stupéfaction, obligeant toutes les salles de spectacles à fermer. Ce reconfinement est un coup de massue pour tous les acteurs culturels. Analyse avec Léa Desandre, Christophe Ghristi et Jérôme Pernoo.

Christophe Ghristi : "On ne veut pas d'une culture en boîte, il faut que ça soit vivant !"
Christophe Ghristi, directeur du théâtre du Capitole de Toulouse, © Maxppp / Michel Viala pour La Dépêche du Midi

Ce matin, nous donnons la parole aux musiciens et acteurs culturels, qui réagissent aux annonces d'Emmanuel Macron.

Christophe Ghristi, directeur artistique du Capitole de Toulouse, avait fait débuter il y a quelques jours seulement les répétitions du Viol de Lucrèce de Benjamin Britten qui devait se donner du 27 novembre au 3 décembre prochain.
Au lendemain de l'annonce de ce reconfinement, le directeur est en pleine réflexion pour trouver des solutions afin de maintenir les représentations de début décembre de cette nouvelle production même si elles semblent pour l'instant "impossible à mettre en oeuvre".
En effet, les répétitions ayant à peine commencé, cela semble extrêmement difficile de bloquer des artistes aussi longtemps, alors même que la date de fin de ce reconfinement n'est pas certifiée.

"Il y a un besoin énorme de musique, c'est une banalité mais il faut le dire et le redire. On ne veut pas d'une culture en boîte. Il faut que ça soit vivant" Christophe Ghristi

C'est justement vers les artistes que le directeur de l'institution lyrique toulousaine a une pensée ce matin : "Ils sont à ramasser à la petite cuillère mais en même temps au garde-à-vous". Il salue la force des artistes mais souligne l'importance de les aider, aussi bien moralement que financièrement.

Jérôme Pernoo, violoncelliste, professeur au Conservatoire Supérieur de Musique de Paris et fondateur et directeur artistique du Centre de musique de chambre de Paris, nous avoue s'être déjà préparé à l'annonce d'Emmanuel Macron : "On est habitué maintenant, on s'est déjà organisé".
Alors que sa saison au Centre de musique de chambre de Paris devait débuter le 19 novembre avec un premier concert-spectacle avec Laurent Naouri, Jérôme Pernoo espère pouvoir reporter ces grands événements musicaux afin de les présenter plus tard au public.

Au micro de Jean-Baptiste Urbain, le professeur lance un appel aux producteurs et aux médias pour qu'ils soutiennent massivement les jeunes musiciens qui démarrent leur carrière : "C'est terrible pour eux, ils perdent quasiment deux saisons".
"N'oublions pas les jeunes, c'est pour eux la plus grande catastrophe" déclare Jérôme Pernoo, qui termine sur une note d'espoir : "Tant qu’on est là, on peut rencontrer la beauté du monde et le gout pour la musique".

La mezzo-soprano Léa Desandre devait chanter à partir du 11 novembre prochain dans la nouvelle production d'Hippolyte et Aricie de Rameau aux côtés de l'Ensemble Pygmalion et de Raphaël Pichon à l'Opéra-Comique.
La chanteuse espère pouvoir continuer les répétitions afin de présenter ce spectacle à huit clos sur Arte dans les prochaines semaines, comme l'a laissé dire Olivier Mantei, le directeur de l'institution, ce matin au Figaro.

"On a tout fait comme il fallait mais ça n’a pas suffit" Léa Desandre

"Cela fait un mois qu’on vient avec l’envie de retrouver le public et la scène. Les règles sanitaires mise en place étaient très strictes et on fait tous très attention. Il n'y a pas de cas de cluster déclaré à l’opéra" déclare Léa Desandre.
Toutefois la mezzo-soprano continue de regarder vers l'avenir : "Il faut continuer à avoir de l'espoir pour la suite, je garde en moi cette petite flamme".

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