L'invité du jour
Entretien
Jeudi 5 décembre 2013
19 min

Alain Altinoglu

Pour sa journée spéciale, le chef fera le tour de son actualité musicale : Saint-Saëns et Ravel au Capitole de Toulouse le 13 décembre, Don Giovanni au Staatsoper de Vienne en janvier et Werther au Met de New York en février ! Un prochain disque avec la mezzo-soprano Nora Gubisch devrait également sortir bientôt...

Alain Altinoglu est né en 1975 à Paris (38 ans). Il étudie le piano au Conservatoire national supérieur de la Villette et devient à 16 ans chef de chant à l’Opéra de Paris. Dans les mêmes années, il découvre le répertoire contemporain avec Pierre Boulez : à 18 ans, il suit l’Académie du XXème siècle, ce qui élargit son champ de compétences. Il démarre donc avec une expérience certaine du chant, mais peu à la baguette.

« Le chef de chant est celui qu’on peut considérer comme un ‘coach’ pour les rôles de la distribution. Il fait travailler leur rôle aux chanteurs sans préjuger de ce que demandera le chef une fois arrivé. Il a cependant un vrai rôle de conseiller et de guide. Nous réduisons la partie d’orchestre au piano tandis qu’il dirige, même si cette tâche est souvent dévolue aux pianistes répétiteurs. Une fois les répétitions avec orchestre commencées, il peut même arriver, comme ce fut mon cas, que le chef de chant remplace à l’occasion le chef en fosse, même si ce rôle est normalement confié à un chef assistant. » (Le Monde, 15/02/2007)

Ses débuts à la direction d’orchestre sont donc atypiques et étonnants :

« [Alain Altinoglu] est passé de l’ombre à la lumière en une seule journée, remplaçant, lors d’une représentation de l’opéra K de Philippe Manoury, le chef britannique Dennis Russel Davies parti retrouver sa femme en train d’accoucher. Prestation qui fut un immense succès emportant l’enthousiasme des musiciens, d’habitude plutôt retors, et surtout du public ». (Le JDD, 15/07/2012).

« Je n’ai pas étudié la direction. C’est à force de voir les autres, les meilleurs et les pires, que je me suis dit : ‘Pourquoi pas moi ?’ Dans ce métier, il y a des trucs qui ne s’apprennent pas, comme le charisme, et un ‘bon bras’ s’acquiert naturellement. J’ai appris par la lecture, les vidéos. En fait, le plus important, c’est la partition. » (La Croix, 28/04/2008)

Il dirige aujourd’hui de nombreux orchestres, et ce dans les plus grandes salles d'Europe. Il n’a pas laissé le piano de côté considéré comme « excellent pianiste », il joue régulièrement avec son épouse, la mezzo-soprano Nora Gubisch, dans le répertoire de la mélodie et du Lied.

Parmi ses projets d'opéra, on peut noter entre autres Otello et Faust au Metropolitan Opera de New York, Simon Boccanegra et Don Giovanni au Staatsoper de Vienne, Mârouf, savetier du Caire à l'Opéra Comique et Un ballo in maschera aux Chorégies d'Orange...

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