A l'improviste
Magazine
Jeudi 7 décembre 2017
1h

A L'improviste au Festival Météo (6ème épisode) avec Alvin Curran

Dernier épisode ce soir de notre feuilleton mulhousien : pendant trois mois, nous avons revécu quelques grands moments du festival Météo. Le concert de ce soir a été saisi sur le vif le 23 août, c'est un concert en solitaire du compositeur et improvisateur américain Alvin Curran.

A L'improviste au Festival Météo (6ème épisode) avec Alvin Curran
Alvin Curran au festival Météo 2017, © Jean-Claude Sarrasin

A L'improviste au Festival Météo (6ème épisode)
Alvin Curran,
clavier, électronique, shofar
Enregistré le 23 août 2017 au Temple Saint Etienne de Mulhouse

Alvin Curran a été invité pour une carte blanche à Mulhouse, une carte blanche en trois épisodes : un workshop, un concert en trio avec deux anciens comparses de Musica Ettronica Viva (Frederic Rzewski et Richard Teiltelbaum), et un concert en solitaire qui va nous occuper ce soir.

Il est né en 1938. Il a étudié la composition avec Eliott Carter. Il a côtoyé ensuite John Cage et Morton Feldman, et il a fondé à Rome dans les années 1960 l'un des premiers groupes d'improvisation acoustique et électronique. Il a été aussi ami de Scelsi.

Alvin Curran au Temple Saint Etienne de Mulhouse
Alvin Curran au Temple Saint Etienne de Mulhouse, © Sébastien Bozon

Alvin Curran enseigne la composition depuis de longues années, et il sait très bien analyser la situation dans laquelle les musiciens créatifs se trouvent, par rapport d'une part au patrimoine, et d'autre part aux circuits commerciaux de la musique. Il ne fait pas de différence entre le caractère expérimental de sa musique et celle qu'ont imaginée à leur époque des compositeurs comme Bach, Mozart, Schubert ou Beethoven.

Alvin Curran fait partie de ces touche-à-tout, de ces hommes-orchestres dont l'histoire de la musique accouche de temps en temps. Le plus souvent, il est manipulateur d'électronique et pianiste, mais lorsqu'il joue seul, il aime se déplacer avec le shofar, cet instrument à vent de la tradition hébraïque qu'il revisite à sa manière. Le shofar est à l'origine une corne de cerf, mais le jour de son concert au temple Saint Etienne à Mulhouse, Alvin Curran avait apporté une corne d'élan.

Après une première improvisation au shofar, Alvin Curran s'est dirigé vers ses machines (un ordinateur et un clavier électronique), et nous a emportés dans un maelström sonore : une pièce composée dans l'instant intitulée, Endangered Species (Espèces menacées), et qui est née de la combinaison de sons préenregistrés (sonothèque récoltée sur plus de 20 ans...), reliés via l'ordinateur à son clavier électronique.

Alvin Curran : l'homme-orchestre ... La matière est riche, débordante même !
Les plans se superposent. La vie s'y démultiplie. Elle palpite avec une incroyable richesse d'invention. Ces sons, le musicien les a à disposition, et chaque concert, chaque performance est l'occasion d'en offrir une version différente, car les combinaisons sont infinies ...

Alvin Curran au shofar
Alvin Curran au shofar, © Sébastien Bozon

Musiques en plus, extraites de deux CD :

Alvin Curran
Lost Marbles
Label Tzadik

CD Alvin Curran Lost Marbles
CD Alvin Curran Lost Marbles

Alvin Curran
Shofar Rags
label Tzadik

CD Alvin Curran Shofar Rags
CD Alvin Curran Shofar Rags

Un grand merci aux deux photographes Jean-Claude Sarrasin et Sébastien Bozon pour leurs photos prises au festival Météo !

L'équipe de l'émission :