A l'improviste
Magazine
Jeudi 19 octobre 2017
1h

Camel Zekri en concert pour "A l'improviste" et le L'Errobiko Festival dans le Carnet d'été

A l'improviste se joue en deux temps ce soir : un concert de Camel Zekri, à la guitare augmentée, et un Carnet d'été, qui fera entendre des sons volés sur la 22ème édition de l’Errobiko Festival, au Pays Basque en juillet dernier

Camel Zekri en concert pour "A l'improviste" et le L'Errobiko Festival dans le Carnet d'été
Camel Zekri en balance au studio 106, © Radio France / Soizic Noël

Concert du guitariste Camel Zekri, enregistré en public le 11 septembre 2017 au studio 106 de Radio-France.

Emission présentée en direct du studio 151 de Radio France.

Il était une fois un musicien passeur du nom de Camel Zekri.
Il est guitariste, mais surtout musicien, fédérateur de projets (association Les Arts Improvisés)… et rêveur actif !

Camel Zekri est au carrefour des cultures et des pratiques artistiques. D’un côté l’héritage familial qui l’a sensibilisé à la musique du Diwan de Biskra en Algérie et aux musiques de tradition orale, de l’autre l’improvisation libre qu’il a approchée très jeune en France après des études de guitare classique. Aucune hiatus entre ces deux univers : Camel Zekri a l’habitude des passages. Il est passe-muraille ! Et c’est aussi un esprit chercheur et curieux, qui entend ne rien s’interdire.

L’informatique musicale par exemple l’a toujours intéressé. Il s’est penché sur cette extension de l’instrument dès les années 1990 aux côtés de Zack Settel et Atau Tanaka. Il y revient aujourd’hui après une résidence de création au GRAME à Lyon, où il a mis au point un nouveau type d’instrument, la guitare augmentée.

Aujourd’hui Camel Zekri réfléchit à l’idée de transe dans la musique du Diwan et prépare un ouvrage sur ce sujet. L’occasion pour nous autres occidentaux de réviser notre vision souvent erronée de l’idée de transe dans la musique…

Plus de pédales d’effets, et une guitare plus légère et brute, reliée par un capteur de gravité à des programmes informatiques. Tout cela semble très savant et un peu technique, mais quand on regarde Camel Zekri jouer, on s’aperçoit que le corps du musicien est bel et bien là, et qu’ il danse même ! Camel Zekri n’est pas près d’oublier le corps, lui qui a beaucoup travaillé avec des danseurs, le corps comme caisse de résonance et réceptacle des vibrations de la musique.

De Camel Zekri en solo, il n’existe qu’une trace au disque : Vénus Hottentote, enregistré en 2003 et paru sur le label la Nuit transfigurée.

CD Camel Zekri Vénus Hottentote
CD Camel Zekri Vénus Hottentote

Le guitariste prépare un nouvel enregistrement sur sa guitare augmentée. Une nouvelle étape à suivre absolument …

En plus :
Extrait du Festival de l’Eau / Camel Zekri
Label Vand’oeuvre

Retrouvez le portrait de Camel Zekri par Anne Montaron sur France Musique, diffusé le 29 avril 2013

Le Carnet d’été: L’ Errobiko Festival (22ème édition)

Cap sur le pays basque aujourd’hui avec la 22ème édition de l’ERROBIKO FESTIBALA, organisé depuis toujours par le chanteur Benat Achiary, Maïte Etchemendi-Achiary et l’association Ezkandrai !
A l’Improviste a promené son micro dans le village d’Itxassou en juillet dernier, ce village où le festival a élu domicile.

Un verger, une tente, des musiciens d’un peu partout, des stands colorés, et un Trinquet que les adeptes de la belote à mains nues cèdent aux musiciens. l’espace de trois jours. Le chanteur Benat Achiary court d’un groupe à l’autre, aidé par des bénévoles de tous âges, enthousiastes et joyeux. Il participe lui-même à la Promenade pour les enfants organisée par l’association « Le Chant des histoires » : « Promenons-nous dans les bois », une promenade dans Itxassou pleine de surprises, ponctuée par des performances.

Affiche Errobiko Festival 2017
Affiche Errobiko Festival 2017

La tradition revisitée et vivifiée par la création et la soif des rencontres, c’est en peu de mots ce qui se joue sur l’Errobiko Festibala.
Des musiques traditionnelles d’un peu partout se font entendre dans un esprit d’ouverture à l’autre ; on confronte les expériences, souvent par le truchement de l’improvisation. De l’étincelle de la rencontre naissent d’autres musiques.

D’ailleurs cette édition est placée sous une bonne étoile celle du poète Edouard Glissant : «Maintenant je sais que je peux changer en échangeant avec l’autre, sans me perdre pour autant ni me dénaturer».

L’Errobiko Festivala, ce sont des concerts à ciel ouvert sur le verger (ou presque à ciel ouvert, car une tente est dressée !). Ces concerts sous chapiteau, Benat Achiary les nomme les Batutos, en allusion justement à ce peuple inventé par Edouard Glissant (encore lui !) et qui serait ces hommes/femmes " qui veillent partout où nos espérances n’ont pas rencontré nos actions ».
Sous cette tente ont lieu les rencontres. C’est là que naissent de nouveau groupes ! Ces impromptus ont permis aux festivaliers de voyager aux quatre coins du monde, en orient, au Brésil, dans la tradition gnawa, au Congo…

Et puis il y a les concerts dans les murs du Trinquet.
Le public a pu découvrir sous ces murs résonnants une nouvelle constellation de musiciens réunies autour du duo de Chris Martineau (alto et voix) et Denise Laborde (mandoline et voix) Le duo nous emmène dans une exploration de la musique de Bartok, qui va bien au-delà, puisqu’elle s’aventure du côté de la tradition basque, des musiques des Balkans et des musiques turques. Aux cotés des deux musiciennes, l’accordéon et la voix de Maider Martineau, le violoncelle et la gadulka bulgare de Sylvain Meillan, la voix et les percussions de Julen Achiary et l’euphonium de Vianney Desplantes
Les concerts du trinquet d’Atharri nous ont offert de très belles rencontres musicales : celle de Keyvan Chemirani et Benjamin Moussay (autrefois invités d’A l’Improviste), celle de l’Ensemble Constantinople et du joueur de kora Ablaye Cissoko

Nous écouterons dans ce carnet d’été un tout nouveau projet du percussionniste/chanteur Julen Achiary autour des Chants souletins : les Basa Ahaide, qui expriment le vol de l’aigle dans le ciel du pays basque. Ces chants sans paroles sont de véritables calligraphies sonores. Le dessin, l’ornement remplacent ici les mots…
Aux côtés de Julen Achiary dans ces chants envoûtants, une vielle à roue (Bastien Fontanelle), une clarinette (Nicolas Nageotte) et un violone (Jordi Cassagne) !

Pour nous emmener dans cette 22ème édition, j’ai choisi deux voix : celle de Benat Achiary et de l’accordéoniste Jean-Christian Irigoyen, qui présentent tout à tour les concerts du festival. Ils y mettent leurs talents d’orateur et leur enthousiasme ! Tout se joue évidemment dans deux langues : le basque et le français

Benat Achiary et Jean-Christian Irigoyen
Benat Achiary et Jean-Christian Irigoyen

Bienvenus à Itxassou / Itsasu !

Extraits diffusés :
- Balatu Bartok
Avec Chris Martineau, Denise Laborde, Maider Martineau,Vianney Desplantes, Julen Achiary
- Haratago
Avec Julen Achiary, Bastien Fontanelle, Jordi Cassagne, Nicolas Nageotte

Les invités :
L'équipe de l'émission :