Lundi 11 mai 2015
5 min

Oum Kalsoum, hommage à la diva égyptienne

Oum Koulthoum a traversé le siècle avec ses cinquante ans de carrière exceptionnelle au long desquels elle a enflammé les foules arabes bien au-delà de son Egypte natale. Même Maria Callas disait d’elle qu’elle avait une voix incomparable.

A l’occasion du quarantième anniversaire de sa disparition, le festival Arabesques à Montpellier rend hommage à Oum Koulthoum avec une exposition intitulée « Hommage à la diva égyptienne » et en invitant l’Orchestre de l’Opéra du Caire à donner deux concerts à l’Opéra Comédie de Montpellier le dimanche 17 mai à 15h et le lundi 18 mai à 20H.

Oum Koulthoum a traversé le siècle avec ses cinquante ans de carrière exceptionnelle au long desquels elle a enflammé les foules arabes bien au-delà de son Egypte natale. Même Maria Callas disait d’elle qu’elle avait une voix incomparable.

Née au début du XXe siècle dans une famille pauvre, la jeune Fatima Ibrahim al-Sayyid al-Beltaguie est la fille d’une femme au foyer et d’un père imam. Ce dernier chante et enseigne le chant pour faire rentrer un peu d’argent à la maison. Très tôt, il détecte le talent de sa fille. Mais dans cette Égypte dominée par la tradition, il n’y a qu’une seule possibilité pour faire chanter sa fille sur scène : la déguiser en garçon.

Elle a cette voix irrésistible dotée d’une note masculine très troublante qui séduit les compositeurs et les musiciens.
A l’âge de 16 ans, elle rencontre le célèbre poète Ahmed Rami, qui lui va composer plus de 137 chansons. Le virtuose de luth Mohamed El Qasabj lui ouvre grand les portes du fameux Palais du théâtre arabe. Sa carrière est lancée.

En 1932, elle entame une tournée triomphale dans les pays arabes : Damas, Bagdad, Beyrouth, Tripoli, Tunis, partout, elle est accueillie avec le même dévotion du public. Elle est sans doute la première star arabe au sens moderne du terme avec ses fans et un public prêt à tout pour avoir le privilège de la voir sur scène.

La passion qu’elle suscite auprès du peuple égyptien est telle, que les rues du Caire se vident pendant trois heures chaque premier jeudi du mois quand elle donne son concert mensuel à la radio.

Amie du président Nasser, elle constitue avec l'homme politique l'un des symboles les plus forts de l'unité nationale égyptienne. Peu après la guerre de 1967 avec Israël, elle donne une série de concerts dont elle reverse les bénéfices au gouvernement égyptien et compose pour les Egyptiens la chanson « Al Atlal » (les ruines).

A sa mort en 1975, trois millions de personnes assistent à ses funérailles au Caire formant un cortège de plus d'1,5 km.

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