Lundi 16 février 2015
4 min

Maia Barouh à la recherche des chants traditionnels ancestraux du Japon

Embarquement immédiat pour le Japon à la recherche de ses chants traditionnels ancestraux. Un voyage auquel nous invite la chanteuse franco-japonaise Maia Barouh avec son nouvel album « Kodama » qui signifie, « les échos » en japonais.

L’idée de cet album de Maia Barouh naît au lendemain du séisme et de l’accident nucléaire de Fukushima le 11 mars 2011. Face à la catastrophe et pour reconnecter avec un Japon ancien, respectueux de la nature, elle part à la recherche des chants traditionnels de la région. Chants de paysan, chants de pêcheurs, chants de marins du nord ou chants de fête de Fukushima.
Chaque morceau de l’album nous invite à revisiter ce répertoire enfoui, souvent oublié par les Japonais eux-mêmes.

« Shinsoma bushi » est un chant traditionnel de Fukushima qui raconte l’histoire de ces hommes obligés de quitter leur foyer pour aller travailler en ville et gagner de quoi nourrir leur famille. Le chant évoque avec mélancolie l’attachement à la terre natale, la douleur de l’éloignement, la contrainte de quitter les siens. Maïa Barouh en offre un remix electro sur son album. Un morceau qui évoque le choc de la catastrophe nucléaire, la destruction de toute une région dont on peut se remémorer encore la beauté en écoutant ces chants anciens qui sont la mémoire d’un lieu saccagé par l’homme.

Depuis l’enfance, Maïa circule entre le Japon où elle est née, la France où elle a grandi et les pays où son père, le producteur Pierre Barouh la fait voyager, toujours pour aller à la rencontre de nouveaux musiciens. Elle a 15 ans lorsqu’il l’emmène avec lui au Brésil où il fréquente depuis les années 70 les plus grands noms de la bossa nova. C’est là bas, qu’elle rencontre des musiciens avec qui elle commence à jouer de la flûte traversière. Puis au Japon, le pays de sa mère, artiste peintre, elle se met au saxophone et rejoint la fanfare de rue « Kabocha Shokaï » avec laquelle elle fera deux tournées françaises en 2002 et en 2003.

Maïa Barouh profite de sa double généalogie pour promouvoir la scène japonaise en France. A partir de 2005, elle réalise chaque année une tournée « Cabaret Shinjuku » qui présente la nouvelle scène pop japonaise en France. En 2007, elle conçoit la compilation Kusamakura qui présente la nouvelle scène japonaise au public européen.
Après onze de carrière au Japon, Maïa repose ses valises en France. Martin Meissonnier est le producteur de ce nouvel album où les chants traditionnels japonais se frottent aux machines et aux synthétiseurs de l’électro.

Dans AIZU la chanteuse s’inspire d’un chant de fête de la ville de Fukushima qui honore la grande montagne d’Aizu Bandaisan ; pour célébrer la beauté de la nature, les jeunes filles danse et Mr Shosuke est éternellement ivre. Un hymne à la beauté, à l’ivresse et à la fête.

L’album Kodama est sorti le 16 février et Maïa Barouh est en concert le 6 mars à la Maroquinerie à Paris.

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