Lundi 18 mai 2015
3 min

L'album "Homeland" d'Hindi Zahra

La chronique d'Hind Meddeb est consacrée à l'album "Homeland" d'Hindi Zahra, avec un long entretien avec la chanteuse.

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entretien hind meddeb

Cinq ans se sont écoulés entre la sortie de Handmade, le premier album de Hindi Zahra et son nouvel album Homeland, et cela valait la peine d’attendre ! Son premier album avait rencontré un tel succès qu’elle est restée longtemps en tournée, sur la route des festivals dans le monde entier. Ensuite, il fallait le temps du repli, de la solitude et de la recherche pour composer ce deuxième opus tout aussi réussi que le premier. L’émotion de la rencontre, la plongée dans l’inconnu, le métissage, le goût de l’altérité…

Hindi Zahra nous raconte inlassablement la même histoire : celle de la bohémienne voyageuse qui emprunte les routes du monde pour aller à la rencontre de l’autre. Et pourtant l’album s’intitule « Homemade » car pour le réaliser Hindi Zahra est revenu à la source, à l’origine, dans son Maroc natal, sur cette terre d’Afrique qui lui est chère.

Pour composer « Homeland », Hindi Zahra s’est installée à Marrakech où elle a travaillé avec Rani Khrija un grand percussionniste marocain qui collabore régulièrement avec Sting et Stevie Wonder et qui tourne avec Prince. Avec lui, elle a exploré les rythmes et les genres, c’est d’ailleurs sa marque de fabrique. Elle nous a habitué dès son premier album à mêler le jazz, les rythmes du flamenco et de la musique cap verdienne aux percussions africaines, le tout sous l’influence de la musique gnawa, une musique née au Maroc du temps de l’esclavage.

« Je viens d’un peuple mélangé, le Maroc de par sa situation géographique est un carrefour. Ce sont les lieux de métissages qui m’inspirent, comme le Cap Vert, Cuba… J’aime faire vivre des musiques différentes sur un même disque. » voilà ce qu’elle m’a dit lorsque je l’ai rencontrée.

Hindi Zahra fabrique une pop universelle, elle est l’incarnation de la chanteuse « cosmopolite »… Hindi Zahra est née dans une famille de nomades et de musiciens pour elle cette enfance si particulière est une source d’inspiration intarissable.

Son père est touareg, issu d’une tribu nomade de Mauritanie, il a choisi d’être militaire pour conserver ce mode de vie. Il est polyglotte, a vécu en Italie, en France, parle l’anglais et le français en plus de l’amazigh et de l’arabe. Il a transmis à sa fille une éducation à la traversée entre les cultures et les langues. Aujourd’hui, Hindi Zahra chante en berbère, en arabe, en anglais et en français, et passe naturellement d’une langue à l’autre dans un même morceau.

La famille de Hindi Zahra changeait de ville au gré des affectations de son père à travers le Maroc. A chaque fois qu’il s’installait quelque part, il faisait venir toute sa tribu, ses frères et sœurs, ses parents. Dans la famille, tout le monde est musicien ou artiste. Ses oncles jouaient et composaient de la musique, sa mère a été danseuse et comédienne de théâtre. Ses tantes étaient chanteuses et percussionnistes dans les mariages.

Dès l’âge de 8 ans, Hindi Zahra travaille le chant, s’amuse à improviser et à mélanger les mélodies, à l’époque elle est bercée par les films de Bollywood qui passent à la télé marocaine.
A l’âge de 15 ans, elle fait ses premières scènes, sa mère l’encourage à chanter dans des restaurants, dans des bars.

Hindi Zahra sera en concert le 20 mai à la Cigale, c’est déjà complet mais vous pourrez la retrouver le 23 mai à Saint Ave en Bretagne, le 20 juin aux Nuits de Fourvière à Lyon où elle fait la première partie de Youssou’n Dour, le 3 juillet à la Philarmonie de Paris, le 10 juillet au Nice Jazz Festival et en première partie de Bob Dylan le 12 juillet à Albi.

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