Lundi 5 janvier 2015
4 min

Chants d’amour persans interprétés par Alireza Ghorbani

Avec Hind Meddeb, embarquement immédiat ce matin pour l’Iran médiéval.

Le 27 janvier prochain chez Harmonia Mundi le nouveau disque d’Alireza Ghorbani, l’une des plus grandes voix de la musique classique iranienne. L’album s’intitule Eperdument. La plupart des textes mis en musique évoquent l’embrasement que peut provoquer l’amour jusqu’à une perte totale de repères. Un hommage à l’amour fou, tradition bien connue dans l’Europe médiévale avec des textes comme Tristan et Iseult ou encore la Béatrice de Dante et que l’on retrouve dans la poésie soufie persane. Le soufisme n’est autre que la mystique de l’Islam. On pourrait comparer ces chants au stabat mater puisqu’il s’agit là de l’amour profane antichambre de l’amour divin.

Né dans une famille religieuse, Alireza Ghorbani a appris très jeune la prosodie et la cantillation du Coran en arabe. A 27 ans, il devient le vocaliste soliste de l'orchestre national d’Iran et donne de nombreux concerts dans son pays et les pays voisins.

En 2004, il participe à l'album Calligraphies Vocales, l’art du chant classique persan en trio avec Djamchid Chemirani et Daryoush Tala’i. Ce disque, très remarqué par la critique et les médias français, est récompensé à deux reprises : Coup de cœur Musique du monde 2005 et Prix In honorem 2005 de l'Académie Charles-Cros.

Suite à ce succès, Alireza Ghorbani se lance dans l’interprétation des textes des grands poètes persans qui ont bercé son adolescence. Il rend hommage à Rûmi dans le spectacle « Les chants brûlés » ainsi qu’au poète Omar Khayyam avec son album Ivresses. Il rend hommage sur cet album aux plus grands poètes persans classiques comme Abusaid Abulkhair ou Jalaledine Rumi.

Mais Alireza renouvelle aussi le répertoire en demandant au composteur Sman Samimi de mettre en musique des poètes iraniens contemporains. Citons par exemple le poète Mohammad Reza Shafie Kadhani dont la poésie reflète la société iranienne actuelle.

Avec ce nouvel album, tout en restant attaché aux racines de la tradition de la musique classique persane, Alireza Ghorbani ouvre les portes à la nouvelle génération de musiciens et de poètes.

Alireza Ghorbani sera en concert le 6 février à l’Alhambra, invité par le festival « Au fil des voix ».

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