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Vendredi 27 août 2021
3 min

À Jazz sous les Pommiers, la flûtiste virtuose Naïssam Jalal reprend sa "quête de l'invisible"

La musicienne et compositrice franco-syrienne s'est produite devant une salle conquise. Son projet, nommé "Quest of the Invisible", ode à la fois à l'évasion et à l'introspection, sidère par sa sensibilité et sa technicité.

À Jazz sous les Pommiers, la flûtiste virtuose Naïssam Jalal reprend sa "quête de l'invisible"
Naissam Jalal est nommé pour les Victoires du Jazz, qui se tiendront à l'automne, © Radio France / Louis-Valentin Lopez

A peine revenue d'Estonie, où elle a donné deux concerts, Naissam Jalal débarque jeudi sous les pommiers, à Coutances. Jazz sous les Pommiers, c'est toujours une expérience : "Ce qui est trop chouette, c'est qu'il y a plein de musiciens. Je suis arrivée il y a deux heures, j'ai déjà vu une dizaine de copains", témoigne la musicienne franco-syrienne, qui était déjà venue il y a quelques années se produire avec le quintette Rythms of Resistance devant une salle comble. Une salle quasiment pleine l'accueille pour son grand retour. Sur scène, tunique sobre, long cheveux noirs détachés, Naissam Jalal sait captiver son auditoire, avec sa technique qui mêle chant et flûte, accompagnée d'une contrebasse et d'un piano.

Elle nous fait redécouvrir son dernier projet, Quest of the Invisible ("la quête de l'invisible"). Des compostions qui se veulent une ode, une déclaration d'amour à l'ivresse, au voyage, au temps également, qui nous approche de la mort telle une malédiction dit-elle, mais qui nous permet aussi de nous accomplir. "L'idée de ce trio était vraiment d'essayer de composer de la musique à partir du silence, de la faire émerger du silence", explique-t-elle : "Explorer un peu la dimension spirituelle de moi-même et de la musique. le silence c'est le vide, le contraire de la surconsommation. Cela permet de se positionner dans une autre dimension : on est des êtres spirituels, pas des codes barre"

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Un côté "profondément subversif"

Des concerts qui revêtent presque une dimension subversive à notre époque, estime-t-elle : "Il y a un côté profondément subversif juste à être ensemble et à vivre des choses au même moment. Ce qu'on donne, ça ne se vend pas, et pour moi la nature profonde de l'art est déjà dans une forme de subversion par rapport à cette idéologie marchande. Etre ensemble, dans une salle de festival, je ne m'étais pas rendu compte à quel point c'était ultrapuissant : je m'en suis rendu vraiment compte quand on a été confinés." 

Sous la lumière des projecteurs, le pianiste Leonardo Montana a été chaudement applaudi
Sous la lumière des projecteurs, le pianiste Leonardo Montana a été chaudement applaudi, © Radio France / Louis-Valentin Lopez

Les spectateurs sont eux aussi ravis de retrouver leur festival, subjugués par la virtuosité de la proposition. "C'est l'extase, elle est dans un état de transe", témoigne l'un d'eux. Une autre verse même quelques larmes : "Je suis très émue par sa prière et par son duo avec la contrebasse, la voix se confond avec l'instrument, c'est extraordinaire. C'était très feutré, maîtrisé, mais en même temps énormément d'émotion." Une subtilité, une sensibilité qui valent à Naissam Jalal d'être nommée aux Victoires du Jazz qui se tiendront cet automne, dans la catégorie meilleur artiste instrumental.

Naissam Jalal salue le public conquis, accompagné du pianiste Leonardo Montana et du contrebassiste Claude Tchamitchian
Naissam Jalal salue le public conquis, accompagné du pianiste Leonardo Montana et du contrebassiste Claude Tchamitchian, © Radio France / Louis-Valentin Lopez
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