L'actu du jour
Magazine
Mercredi 14 juillet 2021
3 min

Les Menus-Plaisirs d'été à l'heure du Grand Siècle, c'est comme si vous y étiez

Les Menus-Plaisirs d'été du CMBV proposent au public une immersion dans les coulisses d'un spectacle baroque. A travers des ateliers de chant, de danse, de décors, de costumes et de théâtre, les participants découvrent le quotidien des artistes et artisans à la cour de Louis XV.

Les Menus-Plaisirs d'été à l'heure du Grand Siècle, c'est comme si vous y étiez
Les Lunaisiens sur la scène des Menus - plaisirs d"été, © Radio France / Suzana Kubik

On se croirait à s'y méprendre en plein dans le Grand siècle. Ce samedi au Centre de musique baroque de Versailles l'illusion est parfaite : les Lunaisiens _Arnaud Marzorati_et David Ghilardi tout de soie vêtus, un tricorne sur la tête et les souliers à boucle au pied, animent un atelier de chant dans le bon goût du 18e devant une petite dizaine de participants.

Ici, pas d'échauffement vocal, ni  de vocalises, on apprend surtout "ce que c'est d'être chanteur au siècle des Lumières, explique le ténor David Ghilardi. "On apprend comment gestuer un texte, comment le déclamer, comment se positionner sur scène,   et on parcourt avec une fable de la Fontaine tous les aspects du chant baroque."  

Une découverte pour Catherine, qui s'attendait plutôt à un cours de chant classique :

"C'était amusant, j'avais plus d'impression de jouer un personnage."

Jouer un personnage, c’était justement l’idée du Centre de Musique Baroque de Versailles pour Les Menus-plaisirs d’été. Le public est invité à s’imaginer dans la peau des artisants et artistes du 18e siècle qui participent à la fabrication d’un spectacle, une vraie immersion où musiciens, comédiens et danseurs incarnent les personnages historiques : comme Monsieur Papillon de la Ferté, dernier intendant ou Monsieur Boquet, dessinateur des costumes des Menus-Plaisirs. On y apprend à danser la gavotte, à entraîner sa mémoire et sa prononciation, on découvre ce que c'est qu'un pouf aux sentiments, un carousel ou une grotesque. 

"Tout est fait pour qu'on s'y croie, explique Arnaud Marzorati, directeur artistique des Lunaisiens, Mais ce n'est pas non plus un exercice historique pour des spécialistes.  On l'a conçu dans une simplicité pour vraiment toucher tous les publics, pour montrer que cet univers baroque est disponible à tout le monde. "

Arnaud Marzorati et David Ghilardi pendant l'atelier du chant
Arnaud Marzorati et David Ghilardi pendant l'atelier du chant, © Radio France / Suzana Kubik

Valoriser la place historique de l'Hôtel des Menus-Plaisirs

Pour l’occasion, les studios du Centre de Musique Baroque de Versailles sont aménagés : on a sorti les décors de l’Opéra royal et les costumes des réserves. Une façon aussi de faire revivre l'époque où l'hôtel des Menus-Plaisirs, classé monument historique et que l'on associe aujourd'hui plus à la Révolution et à la Déclaration des droits de l'homme,  était en quelque sorte la fabrique des divertissements du roi :

"C'est une magnifique machine à remonter le temps qui nous montre à quel point ce divertissement, cet art de la musique baroque, à l'époque, étaient des choses nécessaires qui avaient quelque chose aussi d'éminemment politique. On s'amuse, mais on révèle aussi que de tout temps, la culture a été un mot important dans la bouche des puissants."

Les Menus - Plaisirs d'été, c'est aussi des concerts scolaires, dans les centres sociaux ou des maisons de retraite.  Une façon de faire découvrir aussi les activités du Centre de musique baroque de Versailles, installé dans les murs de ce bâtiment classé monuments historiques, habituellement fermé au public, selon Marie Clément, administratrice de production. 

"On est une maison d'édition. On est une école de chant pour les enfants et les jeunes d'adultes. On est une maison de production, de concerts et de spectacles. On a un département recherche et c'était une manière aussi d'ouvrir notre lieu à un public très large."

A la sortie des ateliers, les participants se retrouvent pour un spectacle proposé par la troupe Les Lunaisiens.  Toutes les disciplines présentées sont réunies sur scène,  et les spectateurs sont conquis : 

"C'était assez intéressant de voir comment ils ont joué à l'époque. Il y avait plein de codes de mains, de positions, chaque geste voulait dire quelque chose, c'était très codé," s'enthousiasme Jeanne, 14 ans. "C'est super pour tout le monde, même pour des gens qui ne sont pas passionnés par l'art baroque, c'est l'art de la scène en général, tout le monde peut passer une bonne journée, pour découvrir et s'amuser," renchérit Sylvie.