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Mardi 3 août 2021
3 min

À Athènes, un été musical et culturel dans l’ombre du Covid

À cause du virus, beaucoup de concerts ont été annulés en Grèce. Mais certains événements se tiennent tout de même, dans le respect d'un protocole sanitaire, notamment le festival d'Athènes et d'Épidaure. Reportage.

À Athènes, un été musical et culturel dans l’ombre du Covid
L'Odéon d'Hérode Atticus, au pied de l'Acropole; accueille des concerts malgré la pandémie., © Radio France / Louis-Valentin Lopez

C'est l'un des pays où le Covid-19 inquiète : la Grèce. L'épidémie y est repartie à la hausse depuis la mi-juillet. La Grèce, destination très prisée cet été par les touristes français. La Grèce, terre aussi de culture et de musique. À cause du virus, beaucoup de concerts ont été annulés, mais certains événements se tiennent tout de même dans le respect d'un protocole sanitaire, comme le festival d'Athènes et d'Épidaure.

Des danseurs au pied de l'Acropole

Difficile de décrire la beauté du lieu, tant elle est saisissante. Un amphithéâtre de 5000 places et si on lève les yeux, le Parthénon illuminé. Nous sommes dans l'Odéon d'Hérode Atticus, niché au pied de l'Acropole. Sur scène, les danseurs de ballet de l'Opéra national de Grèce virevoltent sur des morceaux du compositeur Manos Hadjidakis.

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Une représentation précieuse pour Konstantinos Rigos, le chorégraphe. Il a présenté le spectacle Dance with my own shadow ("Danser avec mon ombre") en 2019, avant que le Covid ne s'en mêle. "Nous pouvons dire que c’est un bon jour, pour moi et pour le ballet de l’opéra national. C’est la première pièce que nous présentons à nouveau au public. Nous étions supposés faire une tournée, mais tout avait été annulé : cette performance, c’est comme si nous faisions notre grand retour", témoigne-t-il, enthousiaste. 

Nous faisions des vidéos, des vidéos de danse, nous n’avons jamais cessé de travailler. Mais nous avions cessé d’avoir une relation avec les spectateurs" Konstantinos Rigos

Salut des danseurs après la représentation de "Dance with my own shadow", mardi dernier.
Salut des danseurs après la représentation de "Dance with my own shadow", mardi dernier., © Compte Instagram de Konstantinos Rigos

"C'est très bizarre de voir un théâtre plein de gens masqués"

Pas de pass sanitaire mais nous sommes assis deux par deux, avec un espace entre chaque groupe et masqués, évidemment. "C’est très bizarre de voir un théâtre plein de gens masqués. Mais maintenant, vous ressentez davantage l’impact du public. Parce que le public a besoin de cette proximité avec les artistes. Donc c’est en quelque sorte une nouvelle relation", dépeint Konstantinos Rigos : "Pas de masques, une proximité, et plus de performances : c’est ce que nous espérons pour l’avenir." C'est ce que souhaitent aussi les spectateurs athéniens. "C'est le premier spectacle auquel j'assiste depuis deux ans, j'espère que ça va continuer", témoigne Amalia à la fin de la représentation. 

À la sortie de l'amphithéâtre, des spectateurs ravis de retrouver la culture en chair et en os.
À la sortie de l'amphithéâtre, des spectateurs ravis de retrouver la culture en chair et en os., © Radio France / Louis-Valentin Lopez

Jazz à distance

Mais l'épidémie est toujours là en Grèce. Près de 2000 cas de Covid par jour et le monde de la culture en fait les frais : sont seulement autorisés les événements réduits, à ciel ouvert. Nous descendons de l'Acropole pour rejoindre la Technopolis, un vaste espace d'expositions et de concerts. Les organisateurs ont dû s'adapter, notamment pour le festival de Jazz d'Athènes, nous dit Iota Zoi, responsable de la communication : "Les artistes grecs jouaient en direct sur notre scène, et les artistes étrangers jouaient à distance, leur performance était retransmise sur des écrans. C’était tout un concept…"

"Notre capacité a été réduite, passant de 6000 à 1200 personnes. Tout le monde est assis, tout le monde respecte une certaine distance, et ils portent tous des masques. Mais espérons que les gens se fassent vacciner, et que les problèmes liés au Covid disparaissent !", poursuit-elle. La responsable qui tient aussi à rappeler la nécessité de soutenir les groupes, les musiciens grecs, qui n'ont pas pu se produire jusqu'ici et qui pour beaucoup, dit-elle, n'ont pas bénéficié de soutien financier.

La scène de la Technopolis, qui a accueilli un festival de Jazz format réduit cette année
La scène de la Technopolis, qui a accueilli un festival de Jazz format réduit cette année, © Radio France / Louis-Valentin Lopez
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