Klassiko Dingo
Magazine
Samedi 21 novembre 2015
24 min

les enfants, la culture et les attentats.

Il y a une semaine la France était terriblement secouée par les attentats dans les rues de Paris et au Bataclan. Que pouvons-nous vous dire, jeunes auditeurs ? Que pouvons-nous dire à nos enfants ? Ce sont les questions que nous avons posées à Marie Desplechin, auteure jeunesse. Et que pourrions-nous écouter ensemble ? Avec Robot Dingo, nous avons choisi L’Ôde à la joie, extraite du dernier mouvement de la 9e Symphonie de Beethoven. Un hymne à la joie, à l’égalité et à la Fraternité. Liberté, Egalité, Fraternité une devise que l’on doit essayer de comprendre ensemble

Histoire Dingo

Il était une fois dans le monde Dingo de la musique classique l’histoire de l’Ode à la joie de Beethoven.
Depuis les attentats du week-end dernier à Paris, on entend plus que jamais la devise de la république française : Liberté Egalité Fraternité.

L’avez-vous peut-être remarqué, ces quelques mots : Liberté Egalité Fraternité vous pouvez les lire sur le fronton de la plupart de vos écoles. Ces trois mots alignés ensemble sous forme d’expression symbolique, c’est-à-dire de devise, nous viennent de la Révolution française. En 1789, le peuple français se soulève pour détruire l’Ancien Régime et la Monarchie Absolue, les Français ne veulent plus d’un roi qui a tous les pouvoirs.
Les idées de Liberté d’Egalité et de Fraternité influencent les philosophes, les écrivains, les poètes, les musiciens et les compositeurs tels que Beethoven.
Le dernier mouvement de la Symphonie n°9 de Beethoven, une des mélodies, un des chants les plus célèbres de l’histoire de la musique, devenue l’Hymne européen, on l’appelle l’Ode à la joie, il est rare d’entendre des voix dans une symphonie.

À ÉCOUTER

Hymne à la joie

Généralement la symphonie est une œuvre écrite pour un orchestre, pour des instruments. Mais Beethoven, bien qu’il n’entende quasiment plus rien, qu’il soit sourd, repousse les limites de la symphonie. Il a choisi d’intégrer des chanteurs en soliste et en chœur dans le dernier mouvement.
L’Ode à la joie est extraite du dernier mouvement de la Symphonie n°9.
Le début de la symphonie nous plonge dans une atmosphère mystérieuse, un peu comme si l’œuvre n’avait pas débuté, que les instruments étaient en train de s’accorder avec dans l’ordre d’apparition les clarinettes, le hautbois, les flûtes, puis les bassons.
L’orchestre éclate, en quelques mesures, on entend toutes les nuances que l’on peut entendre dans la musique de Beethoven et tout au long de cette symphonie.
Le 2e mouvement est rapide avec de nombreux passages joyeux et gais. Puis le 3e mouvement nous berce dans un doux moment de rêverie, une tendre mélancolie, une petite pause dans l’herbe avant d’attaquer la Montagne et quelle montagne, le célèbre 4e et dernier mouvement de la Symphonie n°9 de Beethoven.
Le 4e mouvement dur plus de 20 minutes, il pourrait être une symphonie à lui tout seul. Une drôle de symphonie puisque Beethoven écrit pour les instruments de l’orchestre et des chanteurs.

Beethoven - texte Ode à la joie - Schiller
Beethoven - texte Ode à la joie - Schiller

Le texte représente les valeurs de Liberté, d’Egalité et de Fraternité, des valeurs chères à Beethoven, qu’il avait envie de crier monde entier. Quoi de mieux que sa musique pour le faire ? Il a alors pris et adapté un poème celui de Friedrich von Schiller, un poète et écrivain, qui a vécu à peu près à la même époque que Beethoven.
Voici ce que dit le texte :
Qu'un cri joyeux élève aux cieux nos chants
De fêtes et nos accords pieux !

Joie !
Joie ! Belle étincelle des dieux
Fille de l'Élysée,
Nous entrons l'âme enivrée
Dans ton temple glorieux.
Tes charmes relient
Ce que la mode en vain détruit ;
Tous les hommes deviennent frères
Là où tes douces ailes reposent.

Que celui qui a le bonheur
D'être l'ami d'un ami ;
Que celui qui a conquis une douce femme,
Partage son allégresse !
Oui, et aussi celui qui n'a qu'une âme
À nommer sienne sur la terre !
Et que celui qui n'a jamais connu cela s'éloigne
En pleurant de notre cercle !
Tous les êtres boivent la joie
Aux seins de la nature,
Tous les bons, tous les méchants,
Suivent ses traces de rose.
Elle nous donne les baisers et la vigne,
L'ami, fidèle dans la mort,
La volupté est donnée au ver,
Et le chérubin est devant Dieu.
Heureux, tels les soleils volent
Sur le plan vermeil des cieux,
Courrez, frères, sur votre voie,
Joyeux, comme un héros vers la victoire.
Qu'ils s'enlacent tous les êtres !
Un baiser au monde entier !
Frères, au plus haut des cieux
Doit habiter un père aimé.
Tous les êtres se prosternent ?
Pressens-tu le créateur, Monde ?
Cherche-le au-dessus des cieux d'étoiles !
Au-dessus des étoiles il doit habiter.

La section finale répète :
Joie ! Belle étincelle des dieux
Fille de l'Élysée,
Soyez unis êtres par million !
Qu'un seul baiser enlace l'univers

A travers cet hymne à la joie Schiller et Beethoven demandent à tous les hommes et à toutes les femmes de se considérer comme frères et sœurs, égaux, dans la joie et l’amour. Et de se respecter quelques soient nos différences. De s’aimer et de s’embrasser dans la joie.

Notre invité Marie Desplechin

Marie Desplechin
Marie Desplechin

est née à Roubaix en 1959. Elle a fait des études de lettres et de journalisme.
Dans ses romans pour la jeunesse, elle explore différentes veines littéraires, le roman historique avec Satin grenadine et Séraphine dont les thèmes principaux sont le XIXe et l'émancipation des femmes ; le roman à plusieurs voix où se côtoient fantastique et réalité contemporaine avec Verte et Pome ; les récits sur l'adolescence d'aujourd'hui dont notamment Le journal d'Aurore ; le fantastique et l'étrange avec Le monde de Joseph et Elie et Sam.

A gagner des places pour le

Jean-François ZYGEL / Orchestre Philharmonique
Jean-François ZYGEL / Orchestre Philharmonique

Samedi 28 novembre, 11h et 17h, auditorium de Radio France (2 concerts)
Les Clefs de l’orchestre de Jean-François Zygel
Moussorgski / Ravel : Tableaux d’une exposition
Par l’Orchestre Philharmonique de Radio France sous la direction de Marzena Diakun
A partir de 9 ans
Avec le pianiste et improvisateur Jean-François Zygel, l'Orchestre Philharmonique emmène le public au cœur des œuvres. Ensemble, ils décortiquent la partition, pupitre par pupitre, thème par thème et révèlent ainsi le génie des compositeurs

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