Jazz Club
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Samedi 7 mars 2020
1h

Hommage à McCoy Tyner

Jazz Club spécial aujourd'hui. Yvan Amar rend hommage à McCoy Tyner, disparu vendredi 6 mars.

Hommage à McCoy Tyner
Yvan Amar rend hommage à McCoy Tyner , © Getty

McCoy Tyner, né le 11 décembre 1938 à Philadelphie, vient de disparaître vendredi 6 mars 2020.

Se mère, pianiste, encourage ses débuts et dès 1953, il dirige une formation de tout jeunes musiciens. Voisin des frères Powell, Richie et Bud, il perfectionne avec eux se connaissance de l'harmonie et du jeu de pédales.

Il travaille au milieu des années 50 avec des orchestres philadelphiens dont celui de Cal Massey et accompagne des solistes de passage comme Kenny Dorham, Jackie McLean, Benny Golson, Sonny Rollins, Max Roach.

En 1956, il fait la connaissance de John Coltrane avec qui il joue une semaine au Red Rooster. Il fournit une de ses compositions au saxophoniste, The Believer, qui l'enregistre l'année suivante.

En 1959, il donne des concerts à Philadelphie et à San Francisco avec Art Farmer et Benny Golson qui l'engage au sein du Jazztet et avec qui il enregistre son premier disque. Il retrouve ensuite Coltrane (1960) avec qui il forme un quartet qu'il ne quittera qu'en décembre 1965, non sans avoir enregistré au cours de ces 6 années en leader, avec Roy Haynes, Clark Terry, Frank Strozier, John Gilmore, Thad Jones,...

En 1966, il forme un trio et entame une carrière free-lance qui le conduit aux quatre coins du monde et l'amène à jouer avec les musiciens les plus divers. C'est ainsi qu'après avoir accompagné Ike et Tina Turner au début des années 70, il forme un quartet avec Sonny Fortune à  qui succédera Azar Lawrence en 1973 et que complétera John Blake en 1979.

En 1973, sa participation enregistrée à Montreux lui vaut le prix "disque de l'année".

En 1978, il fait partie d'une tournée All Star pour la compagnie Milestone avec Sonny Rollins, Ron Carter et Al Foster.

En 1985, il participe au renouveau de la firme Blue Note par l'enregistrement filmé d'un long solo. En 1987, il est évidemment l'un des musiciens d'une tournée internationale en hommage à Coltrane et se produit avec Avery Sharpe et Louis Hayes.

Au cours des années 90, il tourne dans le monde et enregistre à la tête d'un big band. Depuis, il a tourné surtout en trio, en dépit de quelques accidents de santé, et collectionne hommages et récompenses.

De l'inventeur de la couleur modale au piano, on a pu dire, par la délicatesse de son toucher, la recherche d'une sonorité brillante, le caractère ornemental de ses improvisations, que son jeu avait quelque chose de délicat - en dépit de la puissance de volume à laquelle il arrive souvent.  Il est vrai qu'il a été marqué de manière sans doute irréversible par son rôle au sein du quartet de Coltrane : celui de l'apaisement, de la douceur, de la sérénité et de la certitude, à l'opposé des fureurs inquiètes de son leader. Sa main droite dessine de longues séquences tout en volutes, ponctuées d'accords à la main gauche, qui autorisent toutes les fantaisies mélodiques. Mais accords dans l'aigu à la main droite et figures répétitives (en vogue au début des années 70) peuvent s'insérer dans un discours prolixe souvent scandé par une note leitmotiv dans les graves au début de chaque mesure.

Au cours de ses performances en solo, McCoy Tyner accentue cette tendance à la phrase fleuve qui fait de  lui un héritier moderne de Art Tatum, même si elle lui permet d'intégrer des éléments venus d'autres horizons, l'Afrique bien sûr, mais aussi l'Orient, Bali, la Chine, le Japon.
(d'après Le Nouveau Dictionnaire du Jazz - François-René Simon)

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