J'écris pour l'avenir (Beethoven par Michaël Levinas)
Programmation musicale
Samedi 22 août 2020
1h

J'écris pour l'avenir, Beethoven par Michaël Levinas 4/4

Beethoven a inspiré et inspire toujours la vie de pianiste, de compositeur et de pédagogue de Michaël Lévinas. Celui-ci décrypte cette proximité dans une série dont le quatrième volet s'intitule : "Forte/piano".

J'écris pour l'avenir, Beethoven par Michaël Levinas 4/4
Ludwig van Beethoven, portrait de jeunesse, illustration du 19ème S. ©Gettyimages. Michaël Lévinas ©C. Daguet/éd. Henry Lemoine.

La nuance forte piano ou sforzando piano est une nuance que l'on retrouve dans l'ensemble de l'oeuvre de Beethoven.

Dans une partition de Beethoven les nuances sont indiquées avec une extrême précision, leur écriture devient un paramètre de ponctuation syntaxique et formel de l'œuvre. L’écriture des nuances développées par Beethoven ne cessera de se développer dans la création musicale au XIXème et XXème siècle. L’une de ces ponctuations semble particulièrement révélatrice du style et de l'écriture de Beethoven : le forte/piano qui a eu des incidences essentielles, notamment en ce qui concerne l’orchestration et le timbre.

Il s'agissait sur le pianoforte (l'instrument) d'un phénomène très singulier et d'un effet spatial (piano espace) : une attaque forte suivie d’une résonance subite qui provoquait une désinence brutale dans la table d’harmonie de l’instrument.
Chez Beethoven ce forte/piano se retrouve fréquemment indiqué aux cordes et aux vents : il permet un changement de dynamique immédiate. L’orchestre beethovénien est marqué par cette nuance si particulière du forte/piano que l’on retrouve dans toutes les partitions de Beethoven; Les recherches du compositeur acousticien sur le pianoforte ont été sans doute déterminantes.

Ce phénomène acoustique constituait pour Beethoven un des fondement essentiels de sont art de l'orchestration, basé notamment sur des mixtures complexes de transitoires d'attaques entre les familles instrumentales qui constituaient l'orchestre symphonique post-baroques et tonal, au passage du XVIII ème vers le XIXème siècle : les cordes, bois, cuivres et timbales.

Nous entendrons dans cette émission à travers des exemples pianistiques, puis à l'orchestre, des spécificités de ce travail acoustique formel et spatial.

Prise de son : Michel Gacic

programmation musicale et discographique :

Beethoven : Sonate pour piano nº8 en ut min op 13, "Pathétique"
Whilhelm Kempff (piano)
Deutsche Grammophon DGG 4312002

Beethoven : Symphonie n°7 en La Maj op 92
Royal philharmonic orchestra de Londres
André Prévin, direction
RCA RD 87748

Beethoven : Leonore III, ouverture
Deutsch Kammerphilhramonie
Daniel Harding (direction)
Virgin 5453642

Beethoven : Symphonie n°6 en Fa Maj op 68, "Pastorale"
Orchestre Symphonique de la NBC de New-York
Arturo Toscanini, direction
RCA GD 60254

L'équipe de l'émission :