Histoires de Musique
Programmation musicale
Dimanche 24 mars 2019
9 min

Buffalo Bill et la conquête de l’Ouest

Tour à tour éclaireur dans l’armée américaine, convoyeur, chasseur de bisons et directeur du Wild West Show, Buffalo Bill, de son vrai nom William Frederick Cody est sans doute l’une des plus célèbres figures de l’ouest américain.

Buffalo Bill et la conquête de l’Ouest
Affiche du Buffalo Bills Wild West et Buffalo Bill et les Indiens sur la Seine, © Getty / Al Fenn

Une émission en partenariat avec J'aime la Musique

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William Frederick Cody naît en 1846 dans une cabane de l’Iowa. Il est sans aucun doute l’une des plus  célèbres figures de l’ouest américain. En 1867, Buffalo Bill est engagé par la Kansas Pacific Railroad. La compagnie qui construit  le chemin de fer transcontinental, a besoin d’un chasseur de bisons pour nourrir ses ouvriers. On raconte qu’il en tue chaque jour une douzaine soient 3000 bisons en 8 mois. On entend même qu’en une seule journée il en aurait tué 69 ! Une véritable prouesse qui lui vaut son surnom  de Buffalo Bill. Mais le nom de Buffalo Bill retentit aussi dans toute l’armée américaine. En soutenant le général George Armstrong Custer, il participe à la lutte contre les Indiens d’Amérique. Malgré lui,  Buffalo Bill contribue à l’anéantissement des Cheyennes en éliminant leur chef Yellow Hand en 1876.

Le Buffalo Bill’s Wild West Show

Sans être un bon acteur, Buffalo Bill comprend vite l’attrait du public pour l’ouest sauvage et décide de créer un spectacle retraçant les grandes étapes de la conquête de l’Ouest américain. Il regroupe alors une troupe d’indiens et de cowboys. Les ennemis ont fumé le calumet de la paix et s’engagent ensemble dans une aventure mondiale ! C’est la naissance du Western ! Il obtient alors le concours du chef indien Sitting Bull pendant quelques mois, d’Annie Oakley, tireuse d’élite, pendant plusieurs années ou encore de Martha Canary, dite Calamity Jane. « La terreur des plaines, la scandaleuse des saloons, la justiciaire invincible ». Il se montre à cet égard un précurseur féministe ! C’est la naissance du Buffalo Bill’s Wild West Show. Le spectacle de Buffalo Bill sera présenté de part le monde de 1872 à 1909. A Paris en 1889. L’Exposition universelle célèbre la Révolution française. Un événement sublimé par l’inauguration de la Tour Effel. Quelques mois avant l’arrivée de Cody et sa troupe, tous les murs de  Paris sont placardés d’affiches. On y découvre le portrait de Buffalo Bill au centre d’une silhouette de bison au galop, avec ce slogan percutant : « Je viens ». Le 27 avril 1889, le «Persian Monarch » quitte New York sous une pluie battante. Depuis le port du Havre, le Wild West gagne Paris en train spécial. Il ne reste qu’une semaine pour installer à Neuilly sur un immense terrain loué à prix d’or, l’arène rectangulaire, les gradins, les écuries, les campements, les teepees. A chaque représentation, deux fois par jour, 15.000 spectateurs vivent l’Ouest américain. Le tout-Paris, dont Sadi Carnot, Edison, Gauguin, Munch ou Rosa Bonheur rendent visite aux cowboys et aux indiens. Les femmes envient la liberté des tireuses de l’ouest… Les costumes des indiens fascinent et chacun a le sentiment de toucher l’histoire du bout des doigts…

Dvorak et Buffalo Bill

L’été 1893, le compositeur tchèque Anton Dvorak qui séjourne alors à New York découvre lui aussi cet incroyable spectacle. Mais surtout la tragédie qu’il révèle… Pour le compositeur, il met en résonnance Le Chant de Hiawatha, ce long poème en vers libres d’Henry Wadsworth ou l’évocation de la vie d’un jeune indien, Hiawatha.
Mais cette tragédie, est aussi aux yeux de Dvorak, celle des afro-américains. Eux aussi, peuple banni, exclu de cette jeune nation en marche que sont les Etats-Unis ; Il termine alors la composition de sa Symphonie n°9 en mi mineur,  dite du Nouveau monde… Une partition d’une somptueuse humanité. Où résonne dans le Largo l’universalité des sentiments, de la douleur, de la nostalgie. Car la douleur d’un indien n’est pas moins véridique et respectable que la nostalgie d’un esclave noir, ou d’un paysan tchèque.

Programmation musicale

The Big Screen Orchestra
Il était une fois dans l’ouest
Nacarat 76010835956

Ennio Morricone
Adieu à Cheyenne
RCA PL 37 713

The Big Screen Orchestra
Le Bon, la brute et le truand
Nacarat 76010835956

Sound ideas
Scènes de bataille entre cow boys et indiens
Sound ideas CD 7009

Brian Keane
Wounded knee
Shanachie 6013

The Big Screen Orchestra
Duel à OK Corral
Nacarat 76010835956

The Texas Travellers
J’entends siffler le train
Vogue VG 671

Anton Dvorak
Symphonie du nouveau monde
Telarc CD-80616

The Texas Travellers
Yankee Doodle – Turkey in the Straw
Vogue VG 671

The Texas Travellers
Yellow Rose of Texas
Vogue VG 671

Ennio Morricone
Pour une poignée de dollars en plus
RCA PL 37 713

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