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Samedi 20 avril 2019
3 min

Et si on vous donnait toutes les clefs pour bien comprendre (et apprécier) l'art du ballet ?

Qu'est-ce qu'un entrechat ? Une batterie ? Et pourquoi les danseurs prennent-ils autant de temps pour faire leurs saluts ? Des questions auxquelles répondent - sur scène - les artistes de la Compagnie 3e Étage.

Et si on vous donnait toutes les clefs pour bien comprendre (et apprécier) l'art du ballet ?
Clémence Gross et François Alu dans le spectacle "Joyaux du Ballet" au Palais d'Auron (Bourges). Le 24 mars 2019., © ZD Productions

En 2004, le danseur et chorégraphe Samuel Murez créait la compagnie 3e Etage, en référence au troisième niveau du Palais Garnier où se situent les loges du Corps de Ballet de l'Opéra de Paris. 

Depuis, une dizaine de spectacles ont été produits par la compagnie et Samuel Murez poursuit à travers chacun d'eux son objectif de réinvention, de renouvellement du ballet, sans pour autant renoncer au précieux héritage qu'il a lui-même reçu au sein du Ballet de l'Opéra de Paris. 

Dans son dernier spectacle Joyaux du Ballet, il met en scène l'histoire de la danse occidentale (des premiers pas codifiés par le roi Louis XIV aux créations contemporaines, en passant par l'inévitable ballet romantique) et explique en même temps les principales figures du classique (entrechats, batteries, sautés sur pointes...) . 

Chaque extrait chorégraphique est ponctué d'explications, d'illustrations, afin que les spectateurs prennent connaissance « de l'histoire et du contexte de chaque oeuvre. Qu'est-ce qu'on a voulu raconter ? Quelles étaient les préoccupations de l'époque ? Pourquoi on a choisi tel pas, tel costume ? »

François Alu et Seo-Hoo Yun interprètent le pas de deux du Corsaire, le 24 mars 2019, à Bourges.
François Alu et Seo-Hoo Yun interprètent le pas de deux du Corsaire, le 24 mars 2019, à Bourges., © ZD Productions

Et qui dit danse classique dit aussi technique : sur scène les 6 danseurs - la majorité ayant été formée à l'Ecole de Danse de l'Opéra de Paris - se livrent à des démonstrations virtuoses d'entrechats, pirouettes ou grands jetés, le tout avec autant de rigueur que d'humour. 

« La dernière pièce, Quatre, est une création de Samuel qui montre avec autodérision ce que peut être un danseur masculin aujourd'hui, explique François Alu, premier danseur du Ballet de l'Opéra de Paris et tête d'affiche du spectacle à Bourges. On mélange prouesses techniques avec mise-en-scène des rivalités ou de l'ego surdimensionné qu'on peut avoir parfois. »

Car il ne s'agit pas seulement d'expliquer le ballet, mais aussi de révéler un certain envers du décor : « Ça fait toujours beaucoup rire quand on parle des saluts, donne pour exemple Samuel Murez. C'est horrible les saluts, ça coupe l'action, mais en fait ça permet aux danseurs de respirer. S'ils trouvent toutes les manières possibles de saluer le public et de se saluer entre eux, c'est juste pour pouvoir reprendre leur souffle. »

Autre aspect de la danse mis en avant par le spectacle : la personnalité artistique. « On peut être un individu dans le monde du ballet classique, fait remarquer François Alu. On n'est pas obligé de rentrer dans un rang. » 

Lui, par exemple, s'est toujours trouvé attiré par l'aspect athlétique de la danse : les grands sauts, les enchaînements de tours, ces « exploits techniques » qui épatent tant le public et qu'il nourrit de ses inspirations cinématographiques (Avengers ou autres super héros des films Marvel). 

Informations pratiques 

Sur la scène du Palais d'Auron de Bourges, François Alu s'est produit aux côtés de Natan Bouzy, Clémence Gross, Paul Marque, Lydie Vareilhes et Seo-Hoo Yun, autant de « danseurs singuliers » que l'on pourra retrouver dans les prochaines productions de Joyaux du Ballet :

- le dimanche 2 juin 2019 à la Cité des Congrès de Nantes ;
- le 24 novembre 2019 à Aix-en-Provence  ;
- et 10 mai 2020 à Bourges, au Palais d'Auron. 

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