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Magazine
Samedi 17 novembre 2018
3 min

Au conservatoire : des productions d'opéra en condition professionnelle !

Pourquoi attendre la fin de ses études musicales pour s'essayer à la scène ? Tester ses capacités et apprendre un rôle ? Au conservatoire du XIIe arrondissement de Paris, tous les ans depuis 1992, les équipes pédagogiques proposent la production scénique d'un opéra.

Au conservatoire : des productions d'opéra en condition professionnelle !
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« Il nous manque encore pour cette Flûte Enchantée 1 Monostatos (ténor ou baryton aigu), 2 seconds prêtres (ténors) ».... Sur sa page Facebook, le baryton et professeur d'art lyrique Didier Henry lance un dernier appel : cette année, au sein du Conservatoire Paul Dukas (XIIe arrondissement de Paris), élèves et amateurs pourront participer à une production du célèbre opéra de Mozart. Il sera mis en scène avec décors et costumes, puis interprété avec orchestre sur la scène de l'Espace Reuilly (Paris). 

« Cette année pour moi est une année de transition, où justement je vais pouvoir participer à des projets de scène, d’opéra complet, des projets qui permettent de passer à l’étape d’après… Sachant que dans ce milieu comme partout il faut se faire un nom, un réseau », explique Clara Bellon, jeune soprano qui tente sa chance pour le fameux rôle de la Reine de la Nuit. 

Mais si cette Flûte Enchantée sera montée dans des conditions professionnelles, elle est aussi et surtout un projet pédagogique, une manière pour les apprentis chanteurs (et instrumentistes) d'appréhender la scène, ses joies comme ses difficultés. Les exigences envers les artistes diffèrent donc de celles d'un théâtre ou d'une maison d'opéra, et cela transparaît dès la première phase, celle des auditions.

« Si c’était un niveau professionnel on dirait , j'aime ou j'aime pas, il peut ou il ne peut pas le faire..., explique Didier Henry. Là c'est complexe, on doit se demander si peut mener à bien ce projet avec cette personne, jusqu’au bout, sans aller à ce qu’on appelle au casse-pipe. »

« Effectivement nous avons une responsabilité pédagogique, ajoute Jean-Michel Ferran, chef d'orchestre. Surtout vis-à-vis des chanteurs, pour qui il faut que ça soit une belle expérience, et parce que c'est à partir d'eux que l'on va construire la mise en scène. On part du potentiel vocal et humain qu’ils représentent. »

Prochaine étape après l'annonce des résultats : les premières répétitions musicales puis scéniques, la rencontre avec l'orchestre puis le spectacle, en avril 2019. 

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