Disques de légende
Programmation musicale
Mercredi 14 avril 2021
15 min

Eugène Onéguine sous la direction de Boris Khaikine et l'Orchestre du Théâtre Bolchoï

Connaître Eugène Onéguine par le disque est aujourd’hui chose aisée alors que, naguère, on était tributaire des productions gravées en URSS par le label d’État Melodiya et distribuées en France par Le chant du monde, maison d’édition alors proche du parti communiste.

Eugène Onéguine sous la direction de Boris Khaikine et l'Orchestre du Théâtre Bolchoï
Piotr Ilitch Tchaïkovski, Eugène Onéguine, Choeur et Orchestre du Théâtre Bolchoï, © MELODIYA

En janvier 1970 lorsque la troupe du Bolchoï vint en résidence pendant six semaines à l’Opéra Garnier de Paris, furent ainsi représentés les grands chefs-d’œuvre du répertoire russe. Tchaïkovski fut honoré par une production de prestige d'Eugène Onéguine. Dans la foulée, un enregistrement fut réalisé à la salle Wagram, coproduit par Melodiya et EMI. Cette réalisation fit d’autant plus sensation qu’elle associait la grande Galina Vichnevskaïa, inoubliable interprète du rôle de Tatiana et son mari, Mstislav Rostropovitch, dont on découvrait enfin à Paris les talents de chef d’orchestre. Cet événement contribua largement à la révélation d’Eugène Onéguineen France.

Ce tournant de 1970 est un point de repère idéal pour esquisser un bilan discographique d’Eugène Onéguine. On mentionnera d’abord la production soviétique du Bolchoï de 1955, sous la direction du grand spécialiste de ce répertoire qu’était Boris Khaïkine. Cette réalisation des débuts du microsillon fut une totale réussite. Galina Vichnievskaïa, alors à peine trentenaire, s’imposa comme la Tatiana du siècle. Ses partenaires masculins se situaient au même niveau, que ce soit, dans le rôle-titre, Evgeni Balov, et surtout, en Lenski, l’excellent ténor Sergueï Lemechev, l’égal d’un Georges Thill, hélas ignoré en Occident.

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Dans une prise de son monophonique acceptable pour l’époque, cette version, d’une rare authenticité, s’impose comme un premier choix, d’autant plus qu’elle fut rééditée en 2012 par la revue Diapason pour un prix dérisoire.

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