Dimanche à l'Opéra
Concerts
Dimanche 26 février 2017
3h 59mn

Jephté de Haendel

Cette semaine, nous plongeons dans une archive d'octobre 1990 nous ramenant à l'Abbaye de Royaumont où Paul Dombrecht, avec l'ensemble Il Fondamento, donnait cet opéra-oratorio en version de concert. Jephté, oeuvre écrite par le compositeur au crépuscule de sa vie, alors qu'il était presque aveugle.

Jephté de Haendel
P. Dombrecht / Abbaye de Royaumont / La fille de Jephthah / Laurence Dale (1981), © * / Pierre Poschadel / Édouard Debat-Ponsan / *

Distribution

Laurence Dale (Jephté, ténor)
Greta de Reyghere (Iphis, soprano)
Laurence Dale (Jephté, ténor)
Jean Nirouet (Hamor, ténor)
Klaus Mertens (Zébul, baryton)
Dina Grossberger (Storgé, mezzo-soprano)
Katellijne Van Laethem (Angel, soprano)

Chef d'orchestre, Paul Dombrecht
Chef de chœur, Erik Van Nevel
Ensemble Il Fondamento
Currende Consort-ensemble (ensemble vocal)

Argument

Acte I

Sur le conseil de Zebul, Jephtha (Jephté, en français), né d’une fille de joie, est rappelé in extremis de l’exil pour sauver son peuple de l’agression des Ammonites. Jephtha accepte le commandement des armées contre la garantie de préserver sa fonction en temps de paix. Les Israélites y consentent. Jephtha prend congé de son épouse Storgè qui s’inquiète de ce que l’avenir leur réserve. Hamor offre son amour à Iphis, la fille de Jephtha ; elle l’accepte volontiers. Mais le combat approche, et ils doivent se préparer. Aussi excité qu’angoissé par la perspective de la bataille, Jephtha propose à Jéhovah un marché : s’il remporte la victoire, il lui sacrifiera le premier qui viendra l’accueillir après le combat. Les Israélites prient pour une heureuse issue de la guerre, alors que Storgè est hantée par des visions d’horreur. Iphis la console. Dès lors que le roi des Ammonites a rejeté toute tractation, la parole est à Jéhovah.

Acte II

Hamor apporte à Iphis la bonne nouvelle : le ciel a déversé des légions de chérubins armés, permettant aux Israélites de terrasser l’ennemi. Iphis prépare un accueil triomphal à son père, tandis que Jephtha et les Israélites célèbrent la victoire. On vient saluer le héros, Iphis avance en tête du cortège. Jephtha, bouleversé, avoue son fatal serment : Iphis doit être sacrifiée. Storgè, horrifiée, refuse de se soumettre, alors que Hamor propose sa propre vie en échange de celle d’Iphis. Storgè, Hamor et Zebul supplient Jephtha d’épargner sa fille. Mais Iphis est déjà au courant du verdict, et s’y soumet sans murmurer. Une douleur immense déchire le cœur de Jephtha.

Acte III

Jephtha prie pour le salut de l’âme d’Iphis. Cette dernière prend congé de la vie. Les prières de tout le peuple l’accompagnent. Avant le coup fatal, un Ange fait son apparition, porteur d’une bonne nouvelle : Iphis vivra, mais pure et vierge, à jamais vouée à Dieu. Jephtha bénit le nom du Seigneur.

Programmation complémentaire

Michel Pignolet de Montéclair
Plainte d'Iphise
Les Musiciens de Saint-Julien, dir. François Lazarevitch
ALPHA 148

Claudio Monteverdi
Jephté : "Cum vocasset in proelium", "Cum autem victor Jephte", "Cum vidisset Jephte", "Plorate colles", "Plorate, filii Israel"
Choeur Monteverdi, His Majesty's sagbutts & cornetts, Membres de l'English Baroque Soloists, dir. John Eliott Gardiner
ERATO 2292-45466-2

Henri Joseph Rigel
Large extrait de _Jephté
_Les chantres du centre de musique baroque de Versailles, Orchestre des Folies Françoises, dir. Olivier Schneebeli
K617 198

Sébastien de Brossard
Sonate en trio I et III
La Nuova Musica, dir. David Bates
HARMONIA MUNDI 807588

Bibliographie

Pierre Degott, Haendel et ses oratorios, l'Harmattan, Paris, 2011
Ruth Smith, Les oratorios de Haendel et la pensée du 18ème, Cambridge University Press, Cambridge, 1995
Marc Belissa, Haendel en son temps, Ellipses, Paris, 2011

Pour aller plus loin

Jephté est programmé pour la saison 2017/2018 à l'Opéra de Paris.

Jephtha, saison 2017/2018
Jephtha, saison 2017/2018

La fille de Jephté, poème de Alfred de VIGNY

Voilà ce qu'ont chanté les filles d'Israël,
Et leurs pleurs ont coulé sur l'herbe du Carmel :

- Jephté de Galaad a ravagé trois villes ;
Abel ! la flamme a lui sur tes vignes fertiles !
Aroër sous la cendre éteignit ses chansons,
Et Mennith s'est assise en pleurant ses moissons !

Tous les guerriers d'Ammon sont détruits, et leur terre
Du Seigneur notre Dieu reste la tributaire.
Israël est vainqueur, et par ses cris perçants
Reconnaît du Très-Haut les secours tout-puissants.

A l'hymne universel que le désert répète
Se mêle en longs éclats le son de la trompette
Et l'armée, en marchant vers les tours de Maspha,
Leur raconte de loin que Jephté triompha.

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