Dimanche à l'Opéra
Concerts
Dimanche 25 juin 2017
4h

Eugène Onéguine de Tchaïkovski à l'affiche de l'Opéra Bastille

Classique du répertoire de l'Opéra national de Paris, Eugène Onéguine revient à Bastille dans la production sombre et légendaire mise en scène par Willy Decker. Edward Gardner dirige l'Orchestre de l’Opéra de Paris et un cast reflétant à merveille la somptueuse musique de Tchaïkovski.

Eugène Onéguine de Tchaïkovski à l'affiche de l'Opéra Bastille
Production Eugène Onéguine, © Guergana Damianova / OnP

"Eugène Onéguine" de Piotr Ilyitch Tchaikovski (1840-1893), Scènes lyriques en trois actes et sept tableaux, sur un livret du compositeur et de Constantin S. Chilovski, d'après le poème d'Alexandre Pouchkine. Créé à Moscou (Collège Impérial de Musique) le 29 mars 1879.

Distribution

Orchestre et Choeurs de l’Opéra national de Paris

Chef des Choeurs : José Luis Basso

Direction musicale : Edward Gardner

Mise en scène : Willy Decker

Décors et costumes : Wolfgang Gussmann

Lumières : Hans Toelstede

Chorégraphie : Athol Farmer

Argument

Dans son domaine retiré, Madame Larina vit seule avec ses deux filles : l’une, Tatiana est d’une nature sensible et repliée sur elle-même, alors que l’autre, Olga, déborde d’insouciance et de vie. Lorsque le rideau se lève, les deux jeunes filles chantent une romance pleine de nostalgie. En compagnie de Filipievna, la vieille nourrice, leur mère se rappelle avec mélancolie ses propres rêves de jeune fille, rêves d’amour et de bonheur. Mais elle a dû bien vite se résigner aux réalités d’un mariage de convention. Les illusions engendrées par la lecture assidue de romans sentimentaux se sont évanouies devant la réalité quotidienne.
Les paysans célèbrent la fin des récoltes et présentent leurs voeux à Madame Larina. Tatiana, plongée dans ses rêves, reste à l’écart. Olga tente de divertir sa soeur, mais, comme sa mère jadis, celle-ci est profondément émue par les amours malheureuses des personnages qui peuplent ses lectures favorites.
Filipievna annonce la visite de Vladimir Lenski, un jeune poète amoureux d’Olga. Il présente Eugène Onéguine, un ami venu récemment de Saint-Pétersbourg pour s’installer à la campagne. Tatiana est fortement impressionnée par les allures d’homme du monde de cet étranger qui ressemble aux héros de ses romans. Lenski fait à Olga une déclaration passionnée.
Les deux hommes sont partis. Profondément bouleversée, Tatiana ne parvient pas à trouver le sommeil. L’apparition d’Onéguine a provoqué en elle une véritable tempête de sentiments.
Tatiana se résout donc à écrire la nuit même une lettre à Onéguine pour lui révéler son amour.

Remplie d’angoisse et de honte, Tatiana attend la réaction d’Onéguine à sa lettre. Il paraît enfin. Calme et froid, quoique parfaitement aimable, il lui explique que ses aveux si francs l’honorent, certes, mais qu’il n’est pas fait pour le mariage et qu’une relation amoureuse est à jamais impossible entre eux. En lui conseillant davantage de retenue à l’avenir, il abandonne Tatiana, profondément blessée.

Elle est tirée de son désarroi par l’exubérant Monsieur Triquet, le vieux maître de danse français, et la foule d’amis et de voisins rassemblés là pour lui souhaiter sa fête, comme il est de tradition dans la maison des Larine. Lenski et Onéguine font partie de la fête. Onéguine invite Tatiana à danser. Le couple devient immédiatement le centre des commentaires des invités. Tatiana vit la scène comme un cauchemar interminable. Onéguine, de plus en plus agacé, en veut à Lenski de l’avoir transformé en bête curieuse pour le plaisir de cette aristocratie provinciale étriquée et indiscrète. Furieux, il excite la jalousie de Lenski en courtisant de plus en plus ouvertement Olga. La réaction de Lenski ne se fait pas attendre. Déçu, désespéré, il reproche à Olga son inconstance. La dispute s’envenime et à la consternation des Larine et de leurs hôtes, Lenski, hors de lui, provoque Onéguine en duel.

Onéguine paraît enfin, accompagné de Guillot, son domestique, qu’il a choisi, malgré l’usage, comme témoin et homme d’honneur. Face à face, ils réalisent l’absurdité de la situation. Ni l’un ni l’autre n’est cependant prêt à faire le premier pas vers la réconciliation. Ils se mettent en position. Onéguine tire. Lenski tombe et meurt dans les bras de son ami.

Le prince Grémine, riche aristocrate, entre dans la vie de Tatiana. Elle a trouvé la paix intérieure. Onéguine qui, après la mort de Lenski, a longuement erré à travers le monde, assiste à une réception officielle chez les Grémine. Il a peine à croire que l’élégante princesse Grémine soit la Tatiana qu’il a connue jadis. De manière presque provocante, le prince évoque pour Onéguine son bonheur aux côtés de son épouse. Il lui avoue que sa morne existence a trouvé, grâce à elle, un sens nouveau. C’est alors qu’un sentiment profond pour Tatiana naît chez Onéguine. Il lui écrit une lettre passionnée et tente tout pour la conquérir. Mais ni ses soupirs, ni ses efforts de séduction ne peuvent la détourner de la fidélité qu’elle a jurée à Grémine. Bien que, dans son émotion, elle lui avoue l’aimer toujours, Onéguine doit se rendre à l’évidence : Tatiana est perdue pour lui. À jamais.

Willy Decker

En coulisses

  • Interview du chef Edward Gardner
  • Interview de la soprano Nicole Car et de la mezzo-soprano Varduhi Abrahamyan

Programmation complémentaire

♫ Piotr Ilyitch Tchaikovski
Eugène Onéguine : Vy mne pisali, Air d'Eugène Onéguine / réduction pour alto et harpe
Emmanuel Ceysson
Laurent Verney, alto
DISQUES XXI-21 RECORDS

♫ Piotr Ilyitch Tchaikovski
Eugène Onéguine op 24 : Kudà kudà kudà vi udalilis, Air de Lenski / arrangement pour violoncelle et orchestre
Sol Gabetta, violoncelle
Philharmonie de Chambre de Prague
Charles Olivieri Munroe, direction
SONY

♫ Franz Liszt
Paraphrase de la polonaise d'Eugène Onéguine de Tchaïkovski
Georges Cziffra, piano
EMI

♫ Serge Prokofiev
Musiques de film et de scène : Eugène Onéguine op 71
Boris Stetsenko, baryton
Ensemble Blagovest
Galina Koltsova, chef des choeurs
Orchestre Symphonique Maly de Moscou
Vladimir Ponkin, direction
CHANT DU MONDE

Photos/vidéos

Raúl Gimenéz (Monsieur Triquet)
Raúl Gimenéz (Monsieur Triquet), © Guergana Damianova / OnP
Lenski et Eugène Onéguine
Lenski et Eugène Onéguine, © Guergana Damianova / OnP
Eugène Onéguine
Eugène Onéguine, © Charles Duprat / OnP
Lenski et Eugène Onéguine
Lenski et Eugène Onéguine, © Guergana Damianova / OnP
Varduhi Abrahamyan (Olga), Elena Zaremba (Madame Larina), Anna Netrebko (Tatiana) et Hanna Schwarz (Filipievna)
Varduhi Abrahamyan (Olga), Elena Zaremba (Madame Larina), Anna Netrebko (Tatiana) et Hanna Schwarz (Filipievna), © Guergana Damianova / OnP

Pour aller plus loin

Bibliographie

  • "Eugène Onéguine de Tchaikovski", L'avant-Scène Opéra N° 43, 1982
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