Lundi 26 septembre 2016
2 min

Musica, l'économie d'un festival de musique contemporaine

Notre chroniqueur Antoine Pecqueur est, ce matin, en direct du festival Musica à Strasbourg. C'est ainsi l'occasion d'en savoir plus sur le fonctionnement budgétaire de ce festival et d'étudier la question de la musique contemporaine dans le paysage économique...

Qui dit musique contemporaine, dit obligatoirement une forte demande de subventions et le festival Musica ne déroge pas à la règle car elles en représentent 80% du budget total. En effet, d’un côté, la musique contemporaine est coûteuse (frais de compositions du compositeur, des effectifs orchestraux parfois imposants et beaucoup d’ensembles d’intermittents) et de l’autre côté, c’est une musique réputée comme difficile à remplir pour les salles, il faut donc proposer des tarifs accessibles à tous. Ainsi, les ressources propres sont plutôt limitées, d’autant que du côté des mécènes, s’ils adorent, comme Bernard Arnault ou François Pinault, l’art contemporain, ils sont bien moins nombreux à soutenir la musique contemporaine, art immatériel, éphémère et peut-être moins ostentatoire qu’une sculpture de Jeff Koons ou de Maurizio Cattelan.
Le contemporain et Musica en particulier, ont donc besoin de ces subventions publiques. L’actuelle Ministre de la culture Audrey Azoulay a d’ailleurs assisté au concert d’ouverture du festival, mais un problème commence à faire son apparition : les tutelles comment à réduire la voilure. Par exemple, le département du Bas-Rhin est passé de 100 000 euros d’aides il y a 3 ans à 40 000 euros. L’impact se révèle ainsi direct pour le budget du festival Musica qui est passé en 3 ans de 2 350 000 euros à 2 000 000 d’euros. Paradoxalement, les coûts sont de plus en plus importants avec l’importance croissante de l’électronique et de la vidéo dans les spectacles, sans compter, en cette année particulière, les frais liés à la sécurisation des spectacles.

Pendant le festival, les tutelles vont se réunir, non seulement pour parler budgets mais aussi de l’avenir du festival Musica et de son futur directeur. En effet, Jean-Dominique Marco, actuellement à la tête du festival depuis 1990, quittera ses fonctions en 2018 et c’est le 3ème directeur du festival depuis la création de ce dernier (les précédents ayant été Laurent Bayle, actuellement à la tête de la Philharmonie et Laurent Spielmann, désormais à l’Opéra de Nancy).
Jean-Dominique Marco recommande un successeur plus jeune, réclamant un changement générationnel nécessaire.

La chasse aux candidats débutera l’année prochaine, les pouvoirs publics devront trouver la perle rare qui devra faire plus ou mieux avec moins, sans oublier la question esthétique, le courant des néo-tonaux rêverait de reprendre ce festival aux mains des modernistes… Sans aucun doute, il va y avoir de l’ambiance à Strasbourg!

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