Jeudi 6 octobre 2016
2 min

Les parachutes dorés dans les institutions culturelles

Notre chroniqueur Antoine Pecqueur réagit ce matin au rapport de la chambre régionale de la Cour des comptes, qui révèle les indemnités du départ de René Koering. Les parachutes dorés existeraient aussi dans la culture ?

Les parachutes dorés sont généralement assimilés aux pires requins de la finance, mais pourtant, ils existent aussi dans le monde de la culture. A Montpellier, l’ancien directeur de l’orchestre et de l’opéra, René Koering, est parti avec des indemnités de 665 275€ précisément. A l’Opéra de Paris, au moment de l’arrivée de Stéphane Lissner il y a deux ans, il a fallu débourser près de 2 millions d’euros en indemnités, dont 500 000€ pour Nicolas Joël, le prédécesseur de Stéphane Lissner, avait révélé le confrère de médiapart. La loi sur les parachutes dorés s’est spécialement durcie pour les dirigeants et cadres d’entreprises privées avec un seuil d’imposition à 114 101€. Financée avec l’argent public, la culture doit elle aussi montrer l’exemple.
La BBC dans sa nouvelle charte, va rendre public les rémunérations des employés payés plus de 150 000 livres, soit 175 000 euros.

Un immense besoin de transparence est nécessaire, or il est quelque peu paradoxal que le monde culturel prompt à brocarder tant de dérives politiques ou économiques, cela joue assez discret là-dessus. La transparence pour les autres, mais pas pour moi. Le problème fondamental, est que la culture regarde souvent avec un peu de dédain ou de mépris les questions matérielles et garde d’un revers de manche toute question sur les rémunérations. Les salaires, on les apprend au détour d’une fuite dans la presse, comme lorsque médiapart, toujours dans cette enquête sur l’Opéra de Paris avait rappelé la paie de 30 000€ de Stéphane Lissner, le directeur de l’Opéra. Ainsi de tels montants ouvrent la boite à fantasmes, il n’en faut pas plus pour que certains assimilent la culture à un monde d’enfants gâtés. Aujourd’hui du fait des grilles et des conventions salariales, on connait les salaires des professeurs de conservatoires ou des musiciens d’orchestre, mais par contre l’opacité règne sur les salaires des directeurs administratifs et musicaux. Il est normal de connaitre la rémunération du chef, de l’Orchestre de Paris par exemple, pour une raison simple : on parle ici d’argent public. Même les politiques s’y sont mis tant bien que mal et communiquent davantage sur leurs revenus. La culture ne peut être le dernier lieu d’opacité en la matière.

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