Jeudi 15 septembre 2016
2 min

Les institutions culturelles allemandes face à la crise des réfugiés

En direct depuis Munich, notre chroniqueur Antoine Pecqueur fait le point sur le rôle des institutions culturelles allemandes face à la crise des réfugiés…

On remarque actuellement 3 initiatives des institutions musicales de Munich, qui reflètent bien l’engagement du monde de la culture en Allemagne sur la question de l’accueil des réfugiés. Du côté de l’orchestre Philharmonique de Munich, une quête a été menée, auprès des musiciens, du chef Valeri Guerguiv et du public, ce qui a permis de collecter 24 000 euros en faveur d’associations travaillant avec les réfugiés. L’engagement se fait sonnant et trébuchant.
L’Orchestre de la Radio Bavaroise, quant à lui, ouvre ses répétitions et fait des séances pédagogiques avec des jeunes réfugiés. Les musiciens et chefs se prêtent au jeu, comme Gustavo Dudamel, familier de ce genre d’initiatives avec le Sistema au Venezuela, il a notamment eu cette très belle phrase face à un public de jeunes réfugiés : « Vous êtes les gens les plus importants ici car vous apportez la vie. ».
Enfin, l’Opéra de Munich, le Staatsoper, a monté un opéra de Britten, l’Arche de Noé, opéra pour amateurs, avec des réfugiés. En mêlant habilement des Allemands, des immigrés de longue date et de jeunes réfugiés à peine arrivés sur le territoire, c’est bien le symbole du vivre-ensemble qui est mis en avant. Cette notion entraine parfois des tensions, on l’a vu au début du mois, avec le résultat des élections régionales, notamment en Meklembourg-Poméranie Occidentale où le parti anti-migrants AFD a obtenu 21% des voix.
L’Allemagne est de plus en plus divisée sur la question des migrants, le pays prévoit l’arrivée de 2,5 millions de réfugiés en 5 ans et c’est d’autant plus louable que dans ce contexte, l’Orchestre Philharmonique de Berlin (l’ensemble le plus prestigieux du pays), a ouvert il y a quelques jours sa saison en partageant la scène avec un orchestre de réfugiés syriens, le tout soutenu par un mécène, la Deutsche Bank.

Face à ces initiatives, on ne peut que regretter le manque d’engagement des orchestres français sur cette question, d’autant plus suite à l’annonce de l’installation d’un camp de migrants dans le nord de Paris mi-octobre. En effet, un signal d’ouverture de la part du secteur culturel serait plus que bienvenu dans le climat de tensions actuel.

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