Vendredi 4 novembre 2016
3 min

Les Frac face à la réforme territoriale

Samedi et dimanche se déroulera le premier week-end national des FRAC. A cette occasion, notre chroniqueur Antoine Pecqueur nous éclairera sur ce en quoi consistent les FRAC.

FRAC, signifie Fond Régional d’Art Contemporain. Il y en a 23 en France qui ont été créé dans les années 1980 par Jack Lang, évoqué également mardi à propos de l’héritage de Mitterrand pour la culture. Les FRAC ont plusieurs rôles : monter une collection, faire un travail de médiation sur le territoire, et, c’est là ce qu’est peut-être le plus connu, la part émergée de l’iceberg, organiser des expositions temporaires. Depuis quelques années, les FRAC connaissent un nouveau souffle, en intégrant de nouveaux bâtiments d’architectures contemporaines, comme à Dunkerque, avec une très belle réhabilitation industrielle de Lacaton et Vassal, à Orléans, Besançon ou Marseille, ces derniers réalisés par Kengo Kuma. Et aussi, Rendy Riccioti construit le nouveau FRAC de Caen. Ces nouveaux bâtiments contribuaient à donner plus de visibilité au FRAC, ainsi que l’organisation d’évènements comme ce weekend. Il le fallait car les FRAC pouvaient dans le passé parfois avoir un déficit de notoriété.

Mais bien sûr, se pose aujourd’hui une question incontournable, politique et économique : Avec la réforme territoriale, on est passé de 22 à 13 régions : que va-t-il se passer pour les FRAC, qui sont subventionnés à la fois par l’Etat et les régions ? Le budget annuel d’un FRAC est d’environ 1 million d’euros. Comme dans les orchestres il ne semble pas y avoir de menace de fermeture de FRAC, mais on peut déjà voir certaines structures faire appel à davantage d’argent privé, ce que rappelait Emmanuel Lequeux dans le monde, pour se préparer une sécurité financière. Les FRAC multiplient les partenariats pour justifier leur présence sur un territoire. Le but est d’éviter la concurrence entre les FRAC des mêmes régions.

On peut donc s’interroger sur les liens entre les FRAC et la musique.
Il y a un FRAC intéressant par rapport à cela : celui de Besançon. Tout d’abord parce que c’est le même bâtiment qui accueille le FRAC et le conservatoire de musique. Un très beau projet architectural de Kengo Kuma. A Besançon, les deux institutions ont des lieux communs, comme le café, la bibliothèque. Mais surtout, le FRAC qui a pour spécificité de travailler sur la question du temps, fait régulièrement le lien dans ses expositions avec la musique et le son, plus globalement vous pouvez voir une exposition sur Max Neuhaus, pionnier dans les installations sonores. On retrouve ses projets réalisés et ceux restés à l’état d’utopie, comme celui d’habillage sonore du couloir de métro de Montparnasse ou le concept de nouvelles sirènes pour les pompiers de New York, qu’il avait imaginé plus directive et moins intrusive. Et il y a aussi au FRAC, une exposition de l’artiste français Dominique Blais, qui a travaillé sur le finale de la symphonie des Adieux de Haydn où les musiciens quittent la scène, les uns après les autres. Il en a fait une installation vidéo, et a pour cela travaillé avec l’orchestre du conservatoire. Un partenariat qui fait sens sur les bords du Doux et qui légitime parfaitement le financement de telles structures. D’ailleurs « Plateforme », qui est le regroupement des FRAC, avait calculé que par année en moyenne, le ratio du coût d’un FRAC par contribuable s’élève à 43 centimes. Cela représente très peu pour des collections qui comptent en tout 26 000 œuvres et qui surtout fait le pari et le risque des jeunes artistes, pari que ne prennent pas forcément les collectionneurs et fondations privées.

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