Mardi 30 août 2016
2 min

Les Festivals de théâtre de rue face à l'état d’urgence

Entre sécurisation nécessaire et liberté artistique, notre chroniqueur économique Antoine Pecqueur revient ce matin sur l’impact de l’Etat d’urgence sur le théâtre de rue, art-antidote salutaire aux dérives communautaires…

Bonne surprise, les chiffres de fréquentation de cet été sont bons, voire même en hausse par rapport à 2015 ! Néanmoins, on note un bémol du côté des festivals de théâtre de rue… Le Festival International de Théâtre de Rue d’Aurillac a ainsi vu sa fréquentation baisser de 11% en un an. Le contexte actuel de l’Etat d’urgence entraine une certaine tension avec la notion d’espace public qui s’illustre à la fois dans l’ambiance de la manifestation (des consignes de sécurité renforcées pour un public irrité) que dans sa gestion économique (200 000 € à 300 000 € de dépenses supplémentaires ont dû être réalisées pour respecter les mesures de sécurité à Aurillac). En outre, l’annulation de spectacles par manque de moyens policiers (comme au festival de Chalons dans la rue), sans concertation avec les troupes, met à mal un secteur intrinsèquement fragile. Pour la Fédération nationale des arts de la rue et la direction du festival d’Aurillac, il s’agit de responsabilités partagées entre l’Etat et les compagnies, ce qui nécessiterait ainsi le déblocage du Fonds d’urgence au spectacle vivant, créé par le Ministère de la Culture au lendemain des attentats du 13 novembre. Ce dernier est estimé à 14 millions d’€.
L’appel a été lancé auprès du Centre National de la Chanson, des Variétés et du Jazz, gestionnaire du Fonds, pour qu'une prise de conscience des besoins des arts de la rue, branche artistique dont il est moins familier, soit effective.

L'équipe de l'émission :
Mots clés :