Lundi 31 octobre 2016
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Le procès des Le Guennec pour recel d'oeuvres de Picasso

Ce matin, Antoine Pecqueur notre chroniqueur, nous parle d’économie illégale de la culture, avec les procès en appel aujourd’hui à Aix-en-Provence d’un couple pour le recel de 271 œuvres de Picasso.

Ce matin c’est une rubrique plutôt judiciaire qui est abordée. C’est l’histoire de l’ancien électricien de Picasso, Pierre Le Guennec, retrouvé en possession de 271 œuvres du maitre. En 2015, il a été condamné avec son épouse Danièle à 2 ans de prison avec sursis pour « recel de biens provenant d’un vol ». Le tribunal de Grasse avait ainsi suivi dans son verdict les parties civiles en l’occurrence le fil de l’artiste, Claude Ruiz-Picasso, qui représentait au procès les six héritiers. Les époux eux disent qu’ils ont simplement entreposés les œuvres dans leurs garages. Aujourd’hui, Pierre Le Guennec prévient : il arrive bien mieux préparé pour son procès en appel que pour celui en première instance. Il faut en plus s’appuyer sur un nouvel avocat, et pas des moindres, une star du barreau : Éric Dupond-Moretti. Le procès doit durer une seule journée, mais la journée s’annonce particulièrement tendue à la cour d’appel d’Aix-en-Provence.

On peut ainsi se demander l’avis des époux aujourd’hui. Si le couple Le Guennec a fait appel, c’est pour défendre sa thèse, celle du don. L’électricien et sa femme soutiennent que ces œuvres sont un cadeau de Jacqueline Picasso, la dernière épouse du peintre. Pour les remercier de leur dévouement, disent-ils… Un beau cadeau tout de même ! « On est des gens honnêtes », affirment-ils à maintes reprises. Et pour cela s’appuient sur le soutien de Danielle Baudot Laksine qui a connu le peintre dans sa jeunesse et qui a même fait un livre plaidoyer pour l’électricien. « Ma danse avec Picasso ». Elle rappelle que Jacqueline Picasso fût une femme très généreuse et qu’elle donnait des œuvres non signées. Claude Ruiz-Picasso connait bien Pierre Le Guennec, car l’ancien électricien était venu voir le fils de Picasso pour faire authentifier ses œuvres. C’est alors que l’héritier de Picasso a découvert ces tableaux, qui n’étaient ni signés ni inventoriés et qui datent de 1900 à 1932.

En première instance, pour le procureur, Pierre Le Guennec a été un pion manipulé par des mouchards d’art véreux. Il faut aussi préciser que le cousin de Le Guennec, le chauffeur de Picasso, est aussi soupçonné de vols de tableaux. Le ministère public avait donc alors estimé que les époux septuagénaires avaient porté préjudice à la confiance et à la mémoire de Picasso.

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