Vendredi 2 septembre 2016
3 min

Le photojournalisme en crise : "Visa pour l’image" à Perpignan

Aujourd’hui, le festival Visa pour l’Image qui se tiendra à Perpignan jusqu’au 11 septembre, permet à notre chroniqueur Antoine Pecqueur de faire une mise au point sur la situation des photojournalistes en France…

On en dénombrait 1250 en 2008 contre 760 en 2015.
Le photojournalisme en France connait une situation préoccupante à cause de deux facteurs majeurs. D’un côté, la crise de la presse entraine une diminution des moyens accordés aux services photographiques, ainsi, l’utilisation de photos gratuites ou bien de photo promotionnelles s’accroit tout comme l’usage des photos dites DR (« droits réservés ») dont l’origine souvent inconnue, fait que les droits sont rarement versés aux photojournalistes, qui ne peuvent eux-mêmes contrôler chaque publication. De plus, l’émergence du numérique entraine de nouvelles problématiques, si le web offre de nouvelles plateformes innovantes (en témoigne l’exposition sur la Corée du Nord réalisée par David Guttenfelder sur Instagram), il reste difficile d’en tirer des revenus.
Il semblerait qu’un nouveau modèle économique touche la photo bien qu’il entraine une certaine tension entre photo institutionnelle et photo de communication… Pour Jean-François Leroy, directeur et fondateur du festival Visa pour l’Image, la photo doit connaître la même mutation que la musique et passer du piratage illégal au streaming puis au téléchargement payant avec des rémunérations, certes faibles, mais existantes. La Ministre de la culture Audrey Azoulay a annoncé des mesures encourageantes en la matière : un accord collectif sur le salaire minimum des photojournalistes pigistes (pour réduire la précarité), une étude sur les mentions (les fameux « DR »), une obligation pour les éditeurs et les groupes de presse subventionnés à recourir à plus de photojournalistes sous peine d’une coupe budgétaire, une aide aux structures valorisant le photojournalisme (comme le festival Visa pour l’Image) et une contribution au Centre International du Photojournalisme qui va voir le jour à Perpignan (qui s’annonce comme la capitale du photojournalisme). On espère seulement que ces mesures pourront être mises en place avant les prochaines élections présidentielles.

Les objectifs de la profession semblent désormais braqués vers la rue de Valois, en des temps troublés où, plus que jamais, les photojournalistes sont nécessaires au dialogue citoyen.

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