Lundi 5 septembre 2016
7 min

Le jazzman Richard Bona

Aujourd'hui notre chroniqueur nous dresse le portrait d'un business modèle étonnant! De l'immobilier au jazz, de New York à l'île Seguin, Antoine Pecqueur retrace le parcours de l'artiste et homme d'affaires camerounais Richard Bona...

On connait bien le camerounais Richard Bona pour sa carrière de chanteur et bassiste de jazz. Néanmoins, l’artiste a une autre casquette et gère à la baguette son business immobilier…
Il faut remonter au début de sa carrière, il y a 18 ans. Parti à New York, il décide de se lancer dans la spéculation immobilière pour compléter ses revenus. Le business plan est relativement simple : il achète des biens immobiliers dans des quartiers peu côtés (comme Brooklyn par exemple), rénove l’appartement et le revend avec une intéressante marge, une fois le quartier revenu à la mode.
En 2015, Bona joint l’utile à l’agréable en ouvrant un club de jazz, à New York, le Club Bonafide (qu’on pourrait traduire comme « unique en son genre »). Au cœur de Manhattan, il entend bien dédramatiser et désinhiber l’ambiance traditionnelle des clubs de jazz tels qu’on les imagine et propose un véritable éclectisme dans la programmation. Montée conjointement avec le français Laurent d’Antonio, propriétaire de restaurants à New York, l’affaire propose, outre une excellente sonorisation, un service de restauration, qui, d’après Bona, permet d’assurer une certaine rentabilité. Sa philosophie va désormais s’installer en France pour un grand projet : celui d’ouvrir un club de jazz au cœur de la Cité Musicale de l’Ile Seguin à Boulogne-Billancourt. Le projet de cette Cité obéirait à une logique de policy mix : un financeur public (Conseil Général des Hauts de Seine) et un autre privé (TF1). L’affaire semble délicate à gérer, notamment au point de vue de la programmation classique malgré la nomination de Laurent Brunner…
Toutefois, le club de jazz de Bona, intégralement privé, s’inscrirait dans le paysage de la cité musicale avec de grandes baies vitrées donnant sur la Seine, un chef étoilé… So chic ! C’est la qualité de sa proposition dans une zone vierge du genre qui, selon lui, permettrait d’oublier l’éventuel problème d’accessibilité (le complexe est en dehors de Paris, à 20mn du métro le plus proche).

La détermination de Richard Bona, tantôt jazzman tantôt promoteur immobilier, porte d’intéressants projets ! Il s’est même séparé de son label Universal pour gérer lui-même sa carrière, de la production à la diffusion et assure, malgré la crise du disque, gagner plus d’argent de cette manière. Reste à savoir si le tintement des couverts en argent réussira à cohabiter avec le ronronnement des cuivres…

♫ Richard Bona
Socopao
Universal Music

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