Mardi 8 novembre 2016
3 min

Le business model du Metropolitan opera

Notre chroniqueur, Antoine Pecqueur, revient ce matin sur le « business model » du « Met» (Metropolitan Opera ).

Le « Met », représente un budget d’environ 300 millions de dollars (environ 275 millions d’euros), l’opéra de Paris par comparaison compte 200 millions d’euros de budget. Mais au-delà des chiffres, le modèle économique est complètement différent. Si l’opéra de Paris est largement dépendant des subventions publiques, le « Met » fonctionne lui avec ses ressources propres. C’est-à-dire que la billetterie et la philanthropie à parts égales, représentent environ 150 millions chacun. Pour les ventes de billets, le « Met » a de la chance, la salle a l’une des plus grandes capacités d’opéras au monde soit 3 800 places contre 1 000 de moins à l’Opéra Bastille. Ainsi, pour séduire les philanthropes le « Met » est prêt à tout. L’opéra cherche d’ailleurs maintenant un généreux donateur, qui serait prêt à payer pour avoir son nom accolé à celui de l’opéra, comme c’est le cas avec la salle située juste à côté, celle du Philharmonique de New York : le David Geffen Hall.

Mais pour arriver à l’équilibre budgétaire, même un petit excédent comme en 2015, 1 million de dollars, il faut en faire encore plus. Peter Gelb n’a pas hésité à baisser de 22 millions de dollars les coûts de fonctionnement. Ce qui s’est traduit notamment par des baisses de salaire, d’où parfois des tensions sociales avec les syndicats, on y reviendra dans quelques instants. Il faut rappeler que les musiciens de l’orchestre du « Met » sont extrêmement bien payés, 200 000 dollars environ par an. L’autre piste, est la diversification des revenus : cela passe notamment par les retransmissions dans les salles de cinéma, 10 productions par an sont retransmises dans plus de 2 000 cinémas dans 70 pays. Aux Etats-Unis le modèle est très simple, sur le prix du billet de cinéma, 50% vont au cinéma et 50% vont au « Met ». Tout cela rapporte, c’est-à-dire 20 millions de dollars par an, qui au départ ont permis de rembourser les frais d’investissement techniques nécessaires à ces captations.

On peut aussi aider le « Met » nous même, particulier, par exemple en achetant une réplique d’un lustre avec des cristaux Swarovski tout de même. Il faudra d’ailleurs peut-être appeler notre banquier avant car le prix des lustres commence de 19 000 dollars à 83 000 dollars.

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