Mercredi 14 septembre 2016
3 min

La culture dans la primaire de la droite

Le scrutin des primaires de la droite se déroulera le 20 novembre. C’est l’occasion pour notre chroniqueur Antoine Pecqueur de revenir sur les enjeux du secteur culturel dans cette pré-campagne électorale…

Dans moins de deux mois, la droite organisera ses primaires. La campagne est cinglante, les candidats flirtent vers le centre et l’extrême droite, mais la culture s’impose quand même au cœur des débats, les candidats n’arrivant à trancher sur le sens à lui donner… Bruno Le Maire se fait le chantre de la culture française, pour mieux s’opposer au concept d’identité nationale défendu par Nicolas Sarkozy, quant à François Fillon, il a créé la polémique en déclarant à propos de la colonisation que la France n’était pas coupable d’avoir fait partager la culture au peuple d’Afrique… Le mot culture se retrouve ainsi à toutes les sauces… Presque tous les candidats ont un lien personnel à la culture et à la musique en particulier : Jean-François Copé est pianiste de jazz à ses heures perdues, Bruno Le Maire est un bon écrivain (il a notamment écrit un livre sur le chef Carlos Kleiber) et est passioné par la culture germanique, Nicolas Sarkozy côtoie une chanteuse au quotidien… Sans oublier Nathalie Kosciusko-Morizet qui joue du violoncelle et François Fillon qui compte parmi ses soutiens le chanteur Renaud.

Quelles sont les propositions des candidats ?
Comme souvent, le patrimoine est en première ligne, Alain Juppé promet un plan décennal pour l’entretien des cathédrales, Nicolas Sarkozy veut doubler le budget du patrimoine d’ici à 2020 en mettant 1,5 milliards d’euros dans ce domaine.
Comme autre axe de manœuvre on note également l’argent privé, aucun candidat ne dit vouloir baisser le budget du Ministère de la culture mais la plupart encourage le mécénat. Bruno Le Maire félicite d’ailleurs les fondations à la Arnault ou Pinault. Les candidats ont, quand même, chacun leur marotte : Nicolas Sarkozy relance son projet de Centre National de la Musique (calqué sur le CNC et abandonné à l’époque par la gauche), dans son livre Tout pour la France, l’ex-président revient aussi sur un trop peu d’émissions culturelles sur France Télévision (on peut se demander pourquoi il n’est pas allé dans ce sens pendant son mandat...).
Bruno Le Maire insiste sur l’éducation artistique et on pourrait même penser qu’il ne serait pas contre un grand ministère alliant l’éducation et la culture, Nathalie Kosciusko-Morizet s’est, pour le moment, peu exprimée sur le sujet mais lors de sa campagne pour la mairie de Paris, elle avait su séduire le secteur, entre autres grâce à sa proposition de transformer les stations de métro abandonnées en espaces culturels. Toutefois, n’en déplaise au MEDEF, aucun candidat ne remet en cause le statut des intermittents du spectacle.

Mais parmi tous ces élans et propositions subsistent des contradictions : en juillet, Nicolas Sarkozy annonce qu’il faut doubler les places en conservatoire alors qu’il décide plus récemment Gil Averous, maire de Châteauroux, comme conseiller culture, sachant que ce dernier a supprimé 6 disciplines et augmenté les tarifs du conservatoire de la ville. Autre exemple, au forum d’Avignon, Alain Juppé a annoncé vouloir une politique culturelle plus ambitieuse que Hollande et Sarkozy, se réclamant même de Malraux et de Mitterrand alors que dans sa ville de Bordeaux, il a décidé de diminuer la subvention à l’opéra d’un million d’euros par an…

On note globalement une certaine volonté de séduire de potentiels déçus de la gauche, qui n’ont pas digéré la baisse du budget alloué au Ministère de la Culture en début de mandat. Le monde de la culture sera-t-il tenté par un candidat des républicains ? Tout dépendra sans doute du candidat qui sortira des primaires…

L'équipe de l'émission :
Mots clés :