Mercredi 28 septembre 2016
3 min

L'Union Européenne, quels moyens pour la culture ?

Ce matin, Antoine Pecqueur est toujours à Strasbourg pour sa conquête du Grand Est, et revient sur l'action de l'Union Européenne dans le domaine culturel...

Depuis le Traité de Maastricht en 1992, la culture est une compétence communautaire, ce qui s’illustre par différents programmes dont le plus célèbre, celui des « capitales européennes de la culture ». Lille est le symbole d’une belle réussite tandis que Marseille avait suscité la polémique, et cette année, c’étaient Wroclaw en Pologne et San Sebastian en Espagne qui avaient été choisies. Un rapport rendu en 2004 à ce sujet pointait le peu de connexions entre ces villes européennes à travers ces évènements, chaque ville profite de l’occasion pour renforcer son image et son attractivité… L’Union Européenne a également mis en place un label, celui du « Patrimoine européen » typé sur celui du Label Unesco et qui englobe par exemple, les constructions strasbourgeoises signées Richard Rogers du quartier européen. Le numérique n’est pas en reste avec la création d’Europeana, librairie à découvrir sur le web.
Le nerf de la guerre reste le programme de financement « Europe créative », qui a récemment changé son mode de fonctionnement. Auparavant, l’Europe donnait des aides au fonctionnement, désormais ce sont des aides aux projets, ce qui explique, par exemple, les récentes inquiétudes quant à l’avenir de l’Orchestre des Jeunes de l’Union Européenne, qui devrait finalement poursuivre son activité grâce, en particulier, au lobby du gouvernement italien. Sur la période 2014-2020, le programme « Europe créative » dispose d’un budget d’1,5 milliard d’euros dont on peut estimer que 30% sont dédiés uniquement à la culture, le reste étant surtout utilisé par le volet médias, qui regroupe l’industrie cinématographique et audiovisuelle.
Pour bénéficier de ce programme d’aide, il faut présenter un projet à dimension européenne, comme par exemple la traduction littéraire européenne, et les pays candidats à l’intégration de l’Union peuvent prendre part à ce programme.

Dans la course à la présidentielle en France, Alain Juppé s’est exprimé sur l’Europe et la culture, qu’il juge trop timorée dans ce domaine et rappelle que la culture n’en représente que 0,15% du budget total. Alain Juppé propose ainsi un « Erasmus culturel » (en référence à l’une des plus belles réussites de l’Union), ajoutant que la « France avait vocation à prendre la tête d’une coalition pour faire émerger une Europe de la culture ».

L’Union aurait beaucoup à gagner à ne plus être associée à ces politiques purement économiques, ainsi pourquoi ne pas nommer comme un « Ministre de la culture » européen ? Aujourd’hui, le seul visage connu est celui du commissaire en charge de la culture, en l’occurrence le Hongrois Tibor Navracsics, ancien chef de cabinet de Viktor Orbán.

En tout cas, à Strasbourg, on peut assister à la construction d’un nouveau théâtre, celui du Maillon, juste en face du Parlement Européen. « Pour recréer l’Europe des désirs, il faut recréer l’Europe des projets » c’est ce qu’a dit Emmanuel Macron ce samedi à Lyon. Et si ce projet, c’était la culture, justement ?

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