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Vendredi 16 décembre 2016
3 min

Le streaming dans l'économie de la culture

A l’occasion de la matinale consacrée au lancement de 8 nouvelles Webradios de France Musique, Antoine Pecqueur revient sur le business model des services de streaming

Qui dit playlist, dit plateforme de streaming, en France désormais un tiers de la population écoute de la musique en ligne. Le chiffre d’affaires du streaming, c’est 36% du marché total de la musique et 76 % des revenus numériques. C’est dire qu’aujourd’hui plus personne ne croit au téléchargement ! En moyenne, les adeptes du streaming écoutent de la musique 7,50 heures par semaine. Et n’allez pas croire que ce sont que des jeunes : selon une étude du SNEP (le syndicat national de l’étude phonographique), 30 % des streamers auraient plus de cinquante ans et selon cette même étude, 63% des streamers écoutent les playlist proposées par les services de streaming.

Les acteurs du secteur se bousculent au portillon. Le leader est le suédois Spotify avec 40 millions d’abonnés, Apple Music revendique 20 millions d’abonnés, bien que ce service ait été lancé seulement en janvier 2015, le français Deezer en compte 6 millions et le dernier venu dans la course est Amazon qui a lancé en octobre un service de streaming disponible aux Etats-Unis et dans certains pays d’Europe, mais pour l’instant pas en France. Il y a aussi les services de niche notamment Qobuz, pour la musique classique, qui mise sur la qualité du son.

Le service du streaming est-il rentable ? C’est là où le bât blesse : Spotify en 2015 par exemple enregistre un perte nette de 173 millions d’euros alors que le chiffre d’affaires est en hausse de 80%. Et ce, pour une raison simple : la majorité des internautes privilégie encore le streaming gratuit aux abonnements payants. Apple Music, il faut le noter, ne propose qu’une formule payante. Mais sur Deezer ou Spotify, on a le choix entre la version gratuite avec les publicités, ou la version payante sans pub et avec une meilleure qualité de son. Et surtout, le premier concurrent est bien sur Youtube qui est le premier site de musique en France et dans le Monde. Le streaming vidéo c’est 65% des titres streamés en France mais le problème est que malgré son poids Youtube ne représente que 2,3 % des revenus de la musique. C’est vous dire le manque à gagner pour les labels, comme pour les artistes. L’Europe s’est même emparée du sujet.

Dans ce contexte, les services spécialisés ont donc besoin de levées de fonds. Après avoir raté son entrée en bourse, Deezer, même si le siège social reste en France, est passé sous pavillon russe, avec le fond Acces Industries. Qobuz est lui désormais entre les mains de Xandrie. Une chose est sûre : dans cette bataille du streaming, toutes les plateformes ne résisteront pas. C’est un peu le Koh Lanta de la musique en ligne !

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