Création Mondiale
Magazine
Vendredi 31 août 2018
5 min

" Hommages ramifiés " pour 15 musiciens, de Carlos Fontcuberta (5/5)

Le compositeur de la semaine dans Création Mondiale est Carlos Fontcuberta. Pour les solistes de l'Orchestre Philharmonique de Radio France, il a imaginé une suite de miniatures baptisées Hommages Ramifiés.

" Hommages ramifiés " pour 15 musiciens, de Carlos Fontcuberta (5/5)
Carlos Fontcuberta@CF et Elena Schwarz par C.Abramowitz@Radio France

« Hommages ramifiés » pour 15 musiciens, de Carlos Fontcuberta
Par les musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Radio France
Direction Elena Schwarz
Création enregistrée à Radio France le 05 juin 2018

Tramonto in un Portagioie (...à Yves Tanguy et Salvatore Sciarrino)

Couleurs-Sons aujourd'hui encore dans le dernier Hommage ramifié de Carlos Fontcuberta, puisque cette pièce est un écho sonore d'une toile d'Yves Tanguy contemplée au Musée Guggenheim à Venise il y a quelques années, Le Soleil dans son Ecrin. Un écho auxquels d'autres viennent se superposer, comme chaque jour !

TRAMONTO IN UN PORTAGIOIE, par Carlos Fontcuberta" La dimension picturale du dernier hommage est assez nette. Elle se manifeste par une claire combinaison des figures sonores superposées sur un fond. Cette manière de penser la musique selon des notions picturales et spatiales doit beaucoup à la pensée et à l’œuvre de Salvatore Sciarrino, qui compte beaucoup pour moi. Mais il y a aussi une référence picturale, empruntée à Yves Tanguy. Curieusement, les espaces peuplés de figures étranges qui apparaissent dans les tableaux tels queLe soleil dans son écrind'Yves Tanguy me font aussi penser à Sciarrino, car on retrouve aussi dans sa musique des ambiances sonores étranges, peuplées d’organismes qui se reproduisent avec de légères mutations. Il s’agit pourtant d’une association spontanée et purement personnelle, que peut-être le compositeur lui-même ne partagerait pas. Autre clin d'oeil dans cette pièce : la cymbale suspendue jouée sur la timbale est une allusion au Tramonto del’Aspern suitede Sciarrino, mais dans une gestion du temps différente ; c'est ici un seul geste, qui se développe lentement et dure la pièce entière ; un changement progressif de couleur, presque imperceptible, qui ressemble à l’obscurcissement progressif du fond du tableau de Tanguy."

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