Dimanche 20 octobre 2019
30 min

" Matriochkas " pour mezzo-soprano et 4 musiciens de Seongmi Kim (Diffusion intégrale et portrait)

La compositrice de la semaine dans Création Mondiale est Seongmi Kim. Elle est Coréenne et vit aujourd’hui en Equateur. Avec l’Ensemble Aleph, elle nous emmène cette semaine dans le monde poétique de ses Matriochkas.

" Matriochkas " pour mezzo-soprano et 4 musiciens de Seongmi Kim (Diffusion intégrale et portrait)
Seongmi Kim, l'ensemble Aleph, Isabelle Soccoja et Anne Montaron en studio à Radio France, © Michel Pozmanter

« Matriochkas » pour mezzo-soprano et 4 musiciens de Seongmi Kim
Interprété par Isabel Soccoja, mezzo-soprano  
et l’Ensemble Aleph, direction Michel Pozmanter
Création enregistrée le 14 septembre 2019 à Radio France

Emission en partenariat avec la SACEM

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Diffusion intégrale et portrait de la compositrice

Notre feuilleton contemporain a été imaginé par une jeune compositrice coréenne passée par la France et aujourd’hui installée en équateur où elle a suivi son amoureux ( !) et où elle enseigne la composition.
Seongmi Kim a une petite trentaine d’années. Dans ses yeux, beaucoup de douceur, d’espièglerie, et aussi un peu de mélancolie, due sans doute aux difficultés que rencontre cette jeune compositrice pour vivre de sa musique, difficultés renforcées peut-être par un parcours en étoile.
C’est un fait, Seongmi Kim a le goût du grand écart : Séoul, puis Nice et Paris, puis Séoul à nouveau, Santiago au Chili, et aujourd’hui l’Equateur. Seongmi Kim a vécu dix ans en France et si le gouvernement coréen lui en avait donné la possibilité, elle aurait aussi adopté la nationalité française.  Elle se sent autant française que coréenne, et a eu beaucoup de plaisir à revenir en France pour créer avec l’ensemble Aleph et Isabel Soccoja ses cinq Matriochkas.

Les Poupées russes de Seongmi Kim sont de drôles de petites saynètes au caractère onirique, une musique évanescente, pleine de souffles, de soupirs.
Isabel Soccoja chante d’ailleurs rarement à pleine voix, et le texte qu’elle chante n’en n’est pas vraiment un.
La suite de pièces de Seongmi Kim est traversée par l’idée de respiration, et aussi par l’idée de diminution, de réduction de format, propre aux poupées russes.
D’un mouvement à l’autre, on part de quelque chose de très dense et on arrive dans la dernière Matriochka à quelque chose de plus simple, de plus épuré et concentré.

Comme beaucoup de petites coréennes, Seongmi Kim est entrée enfant dans l’univers sonore par la pratique du piano et la musique occidentale. La morphologie de ses poignets, de ses doigts a posé des limites à ce qu’on pouvait explorer au piano, donc elle a posé son dévolu sur la composition qu’elle a étudiée à Séoul, puis à Nice et au Conservatoire Supérieur de Musique de Paris.
Ce qu’elle aime par-dessus tout dans la composition, c’est le fait s’assembler des sons, c’est le jeu de construction. Elle a d’ailleurs une fascination pour l’architecture…
Seongmi Kim n’est pas née dans une famille de musiciens, mais il y avait un piano dans la maison familiale. Elle a aussi joué d’un instrument traditionnel le kayagum.
La musique a toujours été présente quoi qu’il en soit, car le père de Seongmi Kim voyageait beaucoup et rapportait de ses voyages des musiques des pays visités !

Musiques additionnelles (de Seongmi Kim) :

Aven pour mezzo soprano, ensemble de 13 musiciens et dispositif électronique (2015)
(Prix de composition CNSMDP)
Hélène Moulin : mezzo-soprano,
Orchestres Lauréats du Conservatoire
Direction: Jean-Philippe Wurtz

미로[miːro] pour flûte basse et dispositif électronique (2014)
Adriana Ferreira : flûte basse
IRCAM

Magnets pour ensemble de 12 musiciens (2013)
Direction: Guillaume Bourgogne

Esquisse pour ensemble de 9 musiciens (2013)
Nouvel Ensemble Moderne de Montréal
Direction : Lorraine Vaillancourt

L'esprit contradictoire pour deux pianos (2012)
Piano: Duo Jatekok

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