Vendredi 6 décembre 2019
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Classique info du vendredi 06 décembre 2019

Alain Altinoglu nommé à Francfort, et reconduit à Bruxelles ; deux maisons d’opéras se désengagent du ténor Vittorio Grigolo ; les institutions culturelles contre le réchauffement climatique ; le festival belge Ars Musica réagit à la manifestation du 4 décembre de collectifs féminins.

Classique info du vendredi 06 décembre 2019
Le chef d’orchestre Alain Altinoglu est nommé à Francfort, et reconduit à Bruxelles, © Getty / Bertrand Rindoff Petroff

Le chef d’orchestre Alain Altinoglu est nommé à Francfort, et reconduit à Bruxelles

Alain Altinoglu voit ses fonctions de directeur musical du théâtre de la Monnaie à Bruxelles reconduites jusqu’en 2025 et vient également d’être nommé à la tête de l’Orchestre Symphonique de la Radio de Francfort à compter de la saison 2021-2022. Le chef d’orchestre né à Paris en 1975 et professeur de direction d’orchestre au CNSMDP succédera donc à la tête du “Hr-sinfonieorchester” à Andrés Orozco-Estrada lui-même, en partance pour l’Orchestre symphonique de Vienne.

Deux maisons d’opéras se désengagent du ténor Vittorio Grigolo à la suite d’une accusation dénonçant un “comportement inapproprié et agressif.”

L’affaire remonte à septembre dernier : la Royal Opera House et plus précisément Covent Garden avait ouvert une enquête après avoir reçu des témoignages sur le comportement du ténor italien de 42 ans, qui aurait attouché une choriste lors de rappels sur la scène de l’opéra de Tokyo, malgré les protestations de tous les artistes présents. La décision est tombée : il ne chantera pas dans la production du Lucia Di Lammermoor l’été prochain à la Royal Opera House, ni ne figurera dans la saison du Metropolitan Opera à New York.

Comment les institutions culturelles peuvent-elles s’engager contre le réchauffement climatique ? Pour y répondre, le théâtre du Chatelet a organisé une journée sous le signe de l’écologie, mercredi 4 décembre. 

Après un temps entre professionnels du monde de la culture et des ateliers à destinations des enfants l’après-midi, la journée s’est conclue avec un débat engagé sur les mesures prises par certaines institutions culturelles, des mesures tardives au vue de la crise climatique, comme le souligne Thomas Lauriot dit Prevost, directeur du théâtre du Châtelet, au micro d’Aliette de Laleu : 

C'est un peu le paradoxe de nos métiers de la culture, parce qu'à la fois nous avons depuis toujours un rôle d'éclaireurs, et d'éveilleurs de conscience, sur toutes les problématiques que la société rencontre et en particulier sur la problématique du changement climatique, mais en même temps nos processus internes sont des processus qui n'ont pas jusqu'à aujourd'hui donné lieu à une optimisation, une analyse très précise et très profonde, c'est quelque chose qui commence mais sur lequel le domaine de la culture est très en retard par rapport à d'autres.”

Certaines structures artistiques tentent de rattraper ce retard écologique, notamment sur les décors. Construits, déplacés et détruits pour les besoins d’une seule production, ils génèrent beaucoup d’émissions de CO2. Pour Stéphanie Deporcq, directrice administrative et financière au festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence, une des solutions a été de remplacer un matériau par un autre, moins polluant :

“Le festival depuis plusieurs années travaille avec ces ateliers décors pour remplacer le polystyrène par du liège, et avoir des décors qui soient complètement recyclables, donc ce qu'on appelle éco conçus. Depuis l'année dernière, nous avons réussi à avoir 100% des décors que nous fabriquions 100% éco conçus, il y a une durée de vie pour un décor, pour les décors que nous détruisons, aucun déchet n'a été mis au rébus, tout a été entièrement recyclé”.

Le festival belge Ars Musica réagit à la manifestation du 4 décembre de collectifs féminins

C’est dans les pages du quotidien belge Le Soir : le manque de représentation féminine dans les rangs des compositeurs contemporains invités par le festival Ars Musica dirigé par Bruno Letort avait suscité il y a une semaine un rassemblement de divers collectifs féminins, avançant que près de 97% des oeuvres jouées sont composées par des hommes. La direction du festival vient de publier sa réponse en reprécisant certains chiffres, en rappelant ses engagements et ses commandes de créations auprès d’artistes femmes et surtout en déplorant que, malheureusement, ce festival est aussi le reflet du monde musical belge : ils reçoivent une majorité de projets de compositeurs masculins et, au Conservatoire Royal de Bruxelles, en 2016 il y avait 0 compositrices sur 8 étudiants, et en 2017, 0 compositrices sur 7 étudiants. 

Du nouveau dans le soutien à la musique contemporaine 

La Fondation Banque Populaire, qui aide les interprètes, a rejoint le dispositif de soutien à la musique contemporaine Mise en Oeuvre(s) initié par la Sacem et Proarti, et propose à ces interprètes de devenir des anges gardiens pour les compositeurs contemporains en leur commandant des oeuvres. Les projets sélectionnés pourront bénéficier d’une nouvelle source de mécénat à côté du financement participatif et d’un dispositif combinant conseils en stratégie, coaching et support vidéo.

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