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Jeudi 24 octobre 2019
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Classique info du jeudi 24 octobre 2019

Décès de Roland Panerai et Hans Zender ; la situation chilienne a des conséquences sur la vie musicale ; une étude sur le harcèlement sexuel dans les pages du Herald Scotland ; Daniel Barenboim mitigé, 20 ans après la fondation du West Eastern Divan Orchestra.

Classique info du jeudi 24 octobre 2019
Daniel Barenboim et son West Eastern Divan Orchestra, © Getty / Frank Hoensch

Rolando Panerai nous a quittés

Nous avons la tristesse de perdre une légende de la voix. Rolando Panerai avait 95 ans, il était l’un des derniers représentants d’un âge d’or du chant italien au XXe siècle. Il avait fait ses débuts à Naples en 1947 et à la Scala quatre ans plus tard. Il chantait fréquemment avec Di Stefano et la Callas. Il avait fait ses adieux à la scène il y a une dizaine d’années dans Gianni Schicchi de Puccini à Genève.

Décès du chef et compositeur Hans Zender

Il avait 82 ans, il a été directeur général de la musique des villes et des opéras de Hambourg et de Bonn mais c’est surtout pour ses orchestrations de pièces connues que l’on se souvient de lui : le Voyage d’Hiver de Schubert et les 33 Variations Diabelli de Beethoven.

La situation politique chilienne a des conséquences sur la vie musicale

Deux artistes, assez différents, se sont confrontés à la situation ces derniers jours : André Rieu a dû interrompre sa tournée au Chili après deux concerts sur quatre et quitter le pays avec ses 100 musiciens à bord d’un avion privé. Et Joyce DiDonato a dû, le coeur lourd, publier une vidéo entourée des musiciens de l’ensemble il Pomo d’Oro pour exprimer son regret de devoir annuler sa venue dans le pays. Elle y chante dans la foulée une version très émouvante de "When I am laid" tiré de Didon et Enée de Purcell. 

Le festival Lisztomanias à Châteauroux

Si Lisztomanias fête depuis 18 ans déjà de nombreuses facettes de Franz Liszt – compositeur prolifique, homme de lettres, ami des plus grands intellectuels et artistes de son époque, infatigable voyageur et bien sûr, un des plus grands pianistes de l’histoire, le festival a décidé depuis deux éditions de mettre en avant la facette moins connue du grand homme : son coté philanthrope, comme l’explique Nicolas Dufetel, musicologue et conseiller musical du festival.

Et c’est avec une série d’actions en collaboration avec le centre communal d’action sociale, que le festival s’est ouvert le week-end dernier. Parmi les moments forts, le projet Urban Brahms du pianiste franco-iranien Nima Sarkechik : 16 valses de Brahms interprétées par le pianiste ont été mises en mouvement par les danseurs amateurs. 

Une étude sur le harcèlement sexuel parue hier dans les pages du Herald Scotland 

Sur 725 musiciens anglais, 48% ont souffert de harcèlement sexuel au travail et 85% ne l’ont pas dénoncé sur le moment : en cause, vous le devinez : le manque de sanctions à l’égard des agresseurs, et la possibilité de conséquences dévastatrices sur la carrière des victimes.

20 ans après la fondation du West Eastern Divan Orchestra, le chef et pianiste Daniel Barenboim est mitigé.

Daniel Barenboim a accordé au journal musical allemand Neue Musikzeitung un entretien pour parler de cet orchestre qui réunit musiciens juifs et arabes, dans un effort de dialogue et de rencontre. “L’orchestre existe”, dit Barenboim, “mais un orchestre pour la paix comme on l’appelle souvent, ça, ça ne l’est pas. Nous ne pouvons pas faire cela. Nous essayons de construire une situation d’égalité, mais à condition qu’ils aient les mêmes droits et responsabilités, ce qui n’est pas le cas. Et puis surtout : aujourd’hui, nous ne pouvons pas jouer dans la plupart des pays arabes ou en Israël.” Israël attaque régulièrement Barenboim en raison de son attitude à l’égard du conflit au Moyen-Orient. C’est pourtant, dit il, un conflit qui ne peut pas connaître de solution militaire.

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