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Programmation musicale
Lundi 18 août 2014
1h 52mn

Debussy : Trois Sonates (1915 à 1917)

Les Trois Sonates composées par Debussy sont replacées dans leur contexte historique, à savoir des années 1915 à 1917.

⇒ un peu d'histoire, quelques évènements contemporains de 1915 à 1917.

1915 à 1917

| POLITIQUE |L'Europe et le monde sont à feu et à sang durant ces trois horribles années.


| ART |Claude Debussy mourra l'année suivante sans voir la fin de la guerre.

A Paris c'est le triomphe des Ballets Russes et les créations recommencent dès le retour de la troupe de Serge de Diaghilev à Paris, en 1917, avec Les femmes de bonne humeur, les Contes Russes et, surtout, Parade d'Erik Satie, sur un argument de Cocteau, avec des décors et costumes de Picasso.
Cette création, qui fera date, suscite l'émergence de nouveaux courants musicaux, notamment du Groupe des Six, six jeunes compositeurs réunis arbitrairement à la suite d'un article du critique Henri Collet. Georges Auric, Francis Poulenc, Arthur Honegger, Louis Durey, Germaine Tailleferre et Darius Milhaud n'ont en effet en commun que leur jeunesse et la soif de pouvoir être joués. Sous l'égide de Satie et de Cocteau, ils tournent délibérément le dos aux brumes supposées de Debussy et au soi-disant classicisme de Ravel.

Une incroyable floraison de musique aussi entre 1915 et 1917. Comme toujours les anciens côtoient les modernes et les styles se heurtent et se contrarient.
Pfitzner écrit son interminable opéra Palestrina, Richard Strauss sa Symphonie des Alpes, De FallaL'Amour sorcier et Nuits dans les jardins d'Espagne. Lionel de la Laurencie fonde la Société française de musicologie. Stravinsky et Picasso se rencontrent à Rome. Milhaud part pour le Brésil comme secrétaire de Claudel nommé ambassadeur.

Prokofiev compose sa Symphonie classique, Ravel rend hommage à ses amis tombés au front avec Le tombeau de Couperin, Respighi écrit Les fontaines de Rome, Webern ses 4 Lieder pour voix et 13 instruments et Fauré sa Deuxième Sonate pour violon et piano.


Les peintres sont eux-aussi très actifs durant ces trois années dans ce Paris qui est un peu le centre du monde artistique.
Brancusi sculpte Le fils prodigue, Chagall peint Juifs et rabbins. De Chirico Le cerveau de l'enfant. C'est aussi le début de la série de ses Intérieurs métaphysiques. Derain peint La Cène, Gleizes fait le portrait du compositeur Florent Schmitt et décrit le jazz en peinture.

Juan Gris signe Les tasses à thé, Kandinsky peint ses Taches rouges aussi explosives que les harmonies du Sacre du printemps. Mais aux côtés de ces apôtres de la modernité que sont Picasso, Modigliani, Picabia, Rouault, Braque, Matisse ou Miro, le vieux Renoir, perclus de rhumatismes qui l'obligent à attacher ses pinceaux autour des poignets, continue inlassablement à peindre, telle cette Femme au bain de 1915.

Côté littérature c'est la création du Prix du Roman de l'Académie française.
Apollinaire écrit Les mamelles de Tirésias, Claudel La nuit de Noël 1914, Romain Rolland Au dessus de la mêlée. Unamuno écrit Brouillards et Maïakovski Nuages en pantalon.
Il y a aussi Max Jacob durant ces trois années, il publie Le cornet à dés. Kafka La Métamorphose. Et aussi Joyce Dedalus, Ramuz La guerre dans le haut pays et Paul Eluard : Le Devoir et l'Inquiétude.

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