Dimanche 11 octobre 2020
1h

Maxime Pascal fait la lumière sur Stockhausen

Ce soir, Laurent Vilarem reçoit le chef Maxime Pascal, à l’occasion de "Dienstag aus Licht" de Karlheinz Stockhausen, donné le samedi 24 octobre dans le cadre du Festival d’Automne. En seconde partie d'émission, Lambert Dousson, auteur d'un essai sur Stockhausen, se joindra à eux.

Maxime Pascal fait la lumière sur Stockhausen
Dessin "Dienstag aus Licht", © Nieto

En compagnie de son ensemble Le Balcon, Maxime Pascal a déjà donné deux opéras de Licht de Stockhausen : Jeudi de lumière à l’Opéra Comique en 2018, et Samedi en 2019 à la Philharmonie de Paris. 

Le 24 octobre prochain, il dirigera Mardi de Lumière (Dienstag aus Licht) à la Philharmonie de Paris.

Licht, auquel Stockhausen œuvra de 1977 à 2003, est un immense rituel fait de sons, de prières, de gestes, de couleurs, de planètes et de pierres précieuses, pour chacun des jours de la semaine. En un Salut, invoquant la paix et la liberté en Dieu, deux actes et un Adieu, la journée du Mardi, la plus courte, met en scène le conflit spirituel, puis physique, de deux principes : Michaël, l’archange guerrier qui terrassa le dragon et dont Mithra, Hermès, Thor, saint Georges ou Siegfried sont des déclinaisons ; et Lucifer, le chantre du multiple, l’esprit qui nie et se refuse à concilier les contraires. Au cours du premier acte, à l’origine confié à un ensemble de gagaku, la musique de cour du Japon impérial, et qui retentit désormais à l’orchestre occidental moderne, Lucifer tente de suspendre l’écoulement du temps en une somptueuse symphonie de millénaires, de siècles, de décennies et d’années.
Quant à l’acte second, en onze scènes, le Festival d’Automne en avait commandé, en 1987, pour le bicentenaire de la Révolution française deux ans plus tard, la première section, Invasion. Mais l’ensemble pressenti y renonça. Il aura donc fallu attendre l’édition 2020, trente-trois ans plus tard, pour l’écouter enfin. En ce second acte, Ève, la troisième des forces de Licht, n’est plus que Pietà, pleurant sur le trompettiste Michaël, blessé à mort. Dans une guerre que le musicien situait à l’échelle cosmique se loge sa propre biographie : des bombes et de leurs aveugles explosions, des défenses anti-aériennes et des canons à lumière, Stockhausen, orphelin en 1945, avait connu la terrestre et tragique réalité.

Ce soir, nous levons le voile sur ce cycle monumental et son compositeur.

Maxime Pascal
Maxime Pascal, © Hugo Ponte

Invités 

  • Maxime Pascal

Maxime Pascal est un défenseur passionné de la musique contemporaine qu’il place au fondement de ses collaborations musicales. Sur scène, il porte ainsi notamment la création du dernier opéra de Salvatore Sciarrino (Te vedo, ti sento, mi perdo, Scala de Milan, 2019, puis Staatsoper de Berlin) et dirige Quartett de Luca Francesconi (Scala, septembre 2019).

En tant que membre fondateur de l’orchestre Le Balcon, ensemble aux multiples facettes, Maxime Pascal développe avec ses partenaires une vision unique de l’interprétation musicale, conçue comme une expérience à la fois frappante et radicale pour le public. S’illustrant dans un large répertoire, Le Balcon intègre à la musique des sons modernes et des dispositifs lumineux, créant des expériences musicales aussi percutantes que palpitantes. Parallèlement à son travail sur la scène lyrique, Maxime Pascal s’interroge sur les liens entre le répertoire de la musique symphonique et les œuvres des XXe et XXIe siècles. 

Né au sein d’une famille de mélomanes, Maxime Pascal apprend le piano puis le violon dès le plus jeune âge dans sa ville natale de Carcassonne. En 2005, il est admis au Conservatoire de Paris (CNSMDP), où il suit notamment les cours de François-Xavier Roth. 

  • Lambert Dousson

Agrégé et docteur en philosophie, Lambert Dousson est Professeur de théorie de l’art à l’École Nationale Supérieure d’Arts de Dijon, où il enseigne l’histoire et la théorie critiques du design et de l’architecture. Ses recherches, à l’intersection de la théorie esthétique et de la théorie politique, portent à la fois sur les problèmes de la subjectivité et du pouvoir dans les théories de l’écriture et de l’écoute musicales aux XXe et XXIe siècles, et sur la manière dont les relations de pouvoir investissent les espaces architecturaux et urbains. 

Il est l’auteur d’un livre sur Pierre Boulez, ainsi que des éditions critiques de L’Œil et l’esprit de Maurice Merleau-Ponty et de L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique de Walter Benjamin. Son dernier ouvrage « …la plus grande œuvre d’art pour le cosmos tout entier »: Stockhausen et le 11 septembre est un essai philosophique sur la musique et la violence.

Lambert Dousson
« …la plus grande œuvre d’art pour le cosmos tout entier » : Stockhausen et le 11 septembre (Essai sur la musique et la violence)
Editions MF - Mai 2020

Programmation musicale

Karlheinz Stockhausen
Dienstag aus Licht (extraits)
Version enregistrée au Philharmonic Hall de Cologne et à la WDR (1993)

Karlheinz Stockhausen
Klavierstück XIV
Bernhard Wambach, piano 

Karlheinz Stockhausen
Hymnen : Région 3
Karlheinz Stockhausen

Karlheinz Stockhausen
Helikopter-streichquartett
Quatuor Arditti

Les invités :
L'équipe de l'émission :