Dimanche 22 décembre 2019
1h

Hits et raretés de John Corigliano

Joué par les plus grands orchestres, John Corigliano a formé d'innombrables compositeurs et reçu une multitude de prix, pourtant sa musique reste peu connue en Europe. A l'occasion de la première française de son l'opéra "Les Fantômes de Versailles", Thomas Vergracht dresse ce soir son portrait.

Hits et raretés de John Corigliano
John Corigliano

Jeunesse, formation

John Corigliano, si l’on remonte le fil de la carrière de John Corigliano, on s’aperçoit du fait qu'il n'est pas arrivé à la musique par hasard : son père a longtemps été violon solo du New York Philharmonic.

Plus tard, dans les années 50, il étudie la composition à Columbia et à la Manhattan School de New-York.

C'est à cette époque qu'il compose Kaleidoscope pour deux pianos de 1959, il a alors 21 ans.

L’orchestre et le lyrisme 

Dans ce Kaleidoscope, il y a une vivacité, des échanges de timbres entre les deux pianos qui évoquent, presque malgré eux, l’orchestre symphonique, et au regard  du catalogue de John Corigliano à l’écoute de sa musique, on se rend compte que l’orchestre symphonique est plus qu’une passion, c’est une vraie « matrice » pour lui.

L’orchestre le fascine, il l’a utilisé dans toutes ses combinaisons possibles, et avec un nombre incalculable de solistes, y compris la voix, et cette association voix et orchestre on la retrouve dans une « cantate », Mr Tambourine Man – Sept Poèmes de Bob Dylan.

L’opéra, le lieu de la synthèse

On l’entendait dans le Mr Tambourine Man de John Corigliano, sa musique est intensément dramatique, souvent très contrasté et colorée, pourtant paradoxalement il n'a composé qu’un seul opéra. 

Cet opéra, Les Fantômes de Versailles, a été donné il y a quelques semaines à l’Opéra Royal de Versailles, c’est la première fois que l’ouvrage était donné en France.

Les Fantômes de Versailles, va "au-delà de l'ironie" par un langage qui comprend toute la musique, de sonorités prospectives à des clins d'oeil au "bel canto" de Bellini ou bien au style classique de Mozart. 

Au travers de cet opéra, commande du MET de New-York en 1991 pour son centenaire, Corigliano rend hommage à toute l'histoire de la musique, avec une intrigue personnages historiques et romanesques (Marie-Antoinette, Louis XVI, Beaumarchais et ses personnages)

Concertos

On a évoqué votre rapport au texte, à l’opéra, de John Corigliano, mais le compositeur aime également beaucoup la forme concertante. John Corigliano semble ne pas concevoir une œuvre – et un concerto en particulier – sans la virtuosité. La vélocité dans le jeu de l’instrument, une virtuosité exubérante fait partie intégrante de son langage.

John Corigliano a écrit de nombreux concertos pour toutes sortes d’instruments

Pour lui, ce sont des mini-opéras. Très important pour lui, son Concerto pour clarinette de 1977 : Commande du New-York Philharmonic et créé sous la baguette de Leonard Bernstein, l'oeuvre est créée l'année d'après le décès de son père, qui était donc 1er violon solo de la formation. John lui rend ainsi hommage dans le mouvement lent, l'Elegy, où la clarinette joue en duo avec le violon solo.

Un compositeur résolument moderne

John Corigliano ne renie pas le passé, mais n' hésite pas non plus à ancrer sa musique dans le présent et l’actualité : en 1990 il est compositeur en résidence au Chicago Symphony Orchestra, et dans le cadre de sa résidence il entreprend d’écrire une grande pièce d’orchestre, 40min de musique, qui rend hommage à ses amis décédés du SIDA, on est alors en pleine épidémie.

Une autre manière d'être "de son temps" est aussi d'écrire des musiques de film. Il n'en écrit que trois, mais remporte un Oscar pour l'une d'entre elle, Le Violon Rouge. C'est un tel succès qu'il en dérive de nombreuses oeuvres, comme un Concerto pour violon, ou des Caprices pour violon solo. 

Force est de reconnaître que le Violon Rouge est une des meilleures oeuvres de Corigliano, où le naturel se mêle à un savoir faire unique et à une émotion contenue toujours à fleur de peau. Dans la Chaconne qui introduit le concerto, il dresse un paysage extrêmement lyrique, à la mélodie obsédante et aux harmonies douces-amères au parfum unique.

Programmation musicale

John Corigliano
Kaleidoscope pour 2 pianos
Richar Contituglia & John Contituglia, piano
Early Works -CRI

Bob Dylan
Mr. tambourine man
Bob Dylan

John Corigliano
Mister tambourine man - cycle de 7 mélodies pour soprano et piano : 1. Prelude
Hila Plitmann (soprano), Orchestre Philharmonique de Buffalo, Joann Falletta (dir.)
NAXOS

John Corigliano
The ghosts of Versailles : My wife was always hard to please (Acte I)
LA Opera, James Colon
PENTATONE CLASSICS

John Corigliano
The ghosts of Versailles : Oh no here we go again (Acte I)
Lucas Meachem, Joshua Guerrero, Lucy Schaufer, LA Opera, James Colon
PENTATONE CLASSICS

John Corigliano
The ghosts of Versailles : They wish they could kill me (Acte I)
Lucas Meachem, Patricia Racette, Victoria Livengood, LA Opera, James Colon  
PENTATONE CLASSICS

John Corigliano
Concerto pour clarinette : Cadenzas
Eddy Vanoosthuyse (clarinette), Orchestre Philharmonique de Bruxelles, Paul Meyer (dir.)
AEON

John Corigliano
Symphonie n°1 : Epilogue
Orchestre symphonique de Chicago, Daniel Barenboim (dir.)
ERATO

John Corigliano
Le violon rouge, suite - pour violon et orchestre
John Lara Saint (violon), Timothy Gill (violoncelle), Royal Philharmonic Orchestra,  Sarah Ioannides (dir.)

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