Samedi 10 octobre 2020
3 min

Chanter avec le nom des notes

Pourquoi chanter avec le nom des notes ? un caprice de grincheux professeur de solfège ? Pour tenter d'y répondre, quelques hypothèses d'ordre pédagogique et de délicieux exemples rencontrés dans les musiques que nous aimons.

Chanter avec le nom des notes
Children singing during a lesson at the music school in Ludwigsburg, Germany, 10 November 2016. , © Getty / Marijan Murat

Le solfège dans la joie ! D’où vient cet usage ? A quoi sert-il ?

En 1028, dans une lettre à un ami, le moine bénédictin Guido d’Arezzo décrit un procédé permettant de lire un chant inconnu sans autre support que la partition, en attribuant à chaque note, un nom. Il nomme ce procédé le solfège, ce mot provenant de l’italien "solfeggio", dérivé du nom des notes Sol et Fa.

Pour faire court, cette technique de chanter avec le nom des notes s’est considérablement développée au Conservatoire de Paris au 19ème siècle, notamment dans les classes de solfège qui avaient et ont toujours pour but de former l’oreille des musiciens et de leur permettre de déchiffrer toute partition !

Nommer les notes permet d’une certaine manière de les situer dans l’échelle des sons. Le solfège permet de développer cette relation à trois si utile au musicien : entre les sons, le signe sur la partition et le nom. Quasi-biblique !  

En dehors de Walt Disney, trouve-t-on ce chant avec le nom des notes dans de véritables œuvres ?

Il y en a peu, mais nous en avons cependant un magnifique exemple en 1968 avec Luciano Berio et son extraordinaire Sinfonia. Dans le scherzo, il mêle toutes sortes de sources littéraires et musicales, chantées par les Swingle Singers. Et on peut y entendre des fragments mélodiques chantées avec les notes, au milieu d’un sublime désordre sonore organisé.

Ou cet autre exemple, composé par un élève de Nadia Boulanger

L'actualité de Marc-Olivier Dupin.

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