Banzzaï
Programmation musicale
Jeudi 15 septembre 2016

Michel Petrucciani, le poids de la légèreté

Pas d'émission en raison du mouvement de grève.

François Truffaut y était passé maître : comment dire des choses fortes avec une légèreté de ton qui force à écouter avec le sourire ? Réponses du côté de chez jazz.

Virevolter sur le clavier. C'est le lot des pianistes qui furent des enfants prodiges. Sauf que quand il s'agit de Michel Petrucciani, la puissance rythmique emporte le lyrisme de la moindre ballade vers une invitation à la danse. Avec des fulgurances qui sont autant de rais de lumière. Celui qu'à immortalisé le batteur Leon Parker aurait pu faire un générique de Banzzaï : un Ray of Light qui insiste à l'heure où chien et loup font bon ménage. En tout cas jusqu'à ce que la pluie ne fasse son apparition, invoquée par Irma Thomas du côté de La Nouvelle Orléans.

Pour évoquer la légèreté de ton dans le jazz, on pense bien sûr au son de saxophone ouaté de Lester Young, mais plus rarement à son émule discret Ike Quebec. Pourtant quand il se sent blue and sentimental, on entend la grâce d'une comédie sentimentale de Lubitsch. En noir et blanc. Légèreté encore dans les doigts du sévillan Chano Dominguez quand il transpose au piano ce qu'un guitariste de flamenco aurait imaginé pour faire le portrait de Naima, l'égérie de Coltrane. Peut-être ressemblait-elle à une gazelle violette, dans les couleurs du soleil couchant, comme l'a imaginée Duke Ellington

À quoi pensent les jazzmen quand ils sont d'humeur légère ? À s'amuser, bien sûr. Ils ont même inventé un terrain de jeu idéal pour cela, les jam sessions. L'une des plus célèbres fut organisée par le facétieux guitariste Slim Gaillard, celui-là même qui fit les 400 coups avec le bassiste grommelant Slam Stewart. 1945, il invente un langage surréaliste, le vout et apostrophe le batteur Zutty Singleton, le pianiste Dodo Marmarosa, le ténor Jack McVea, et les deux stars de l'époque, Charlie Parker et Dizzy Gillespie. La légèreté aux éclats. Celle que cultive Lee Konitz depuis la même époque, quasiment et qui culmina dans son All of Me en trio avec Elvin Jones et Sonny Dallas.

La nuit peut tomber. Avec le trio de Steve Kuhn, Aldo Romano et Steve Swallow, la voûte étoilée se pare de mille yeux qui brillent…

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