Banzzaï
Programmation musicale
Vendredi 16 septembre 2016
54 min

Dizzy Gillespie, au pays des géants

Pour fêter le retour de Nathalie Piolé lundi prochain, les petits plats dans les grands. En portion XXL.

Dizzy Gillespie, au pays des géants
Dizzy Gillespie ©William P. Gottlieb

Ah les all stars dans le jazz ! Le pire et le meilleur. Souvent une fausse bonne idée de producteur de disque ou d'organisateur de festival. S'il suffisait des meilleures individualités pour faire la meilleure équipe, ça se saurait et la vien serait plus triste. Mais parfois, bingo, le miracle opère. 16 octobre 1956, vous invitez Dizzy Gillespie, Stan Getz et Sonny Stitt en studio, vous suggérez à John Lewis, Herb Ellis, Ray Brown et Stan Levey de dresser la table rythmique… Et vous assistez à la cérémonie du couronnement du bebop ! Un sommet.

C'est le Golgotha que James Carter choisit comme sommet, ses initiales en clin d'œil pour l'album qui fut son véritable baptême, « JC On the Set ». C'est cette même puissance expressive, magistrale, que l'on retrouve dans la voix de Koko Taylor, lorsque la reine du blues évoque Mother Nature. Peut-être ressemblait-elle à une gazelle violette, dans les couleurs du soleil couchant, comme l'a imaginée Duke Ellington

Un retour aux sources. Comme celui qu'effectua en 1976, rue de Lourmel, le pianiste Jean-Pierre Mas. Cet album, en duo avec le contrebassiste brésilien Cesarius Alvim, produit par Jean-Jacques Pussiau pour son tout jeune label Owl, connut un énorme succès public. Un sommet d'évidence.

Au pays des géants, ne pas oublier de frapper à la porte de Michel Petrucciani. Virevolter sur le clavier. C'est le lot des pianistes qui furent des enfants prodiges. Sauf que quand il s'agit de Michel Petrucciani, la puissance rythmique emporte le lyrisme de la moindre ballade vers une invitation à la danse. Avec des fulgurances qui sont autant de rais de lumière. Celui qu'à immortalisé le batteur Leon Parker aurait pu faire un générique de Banzzaï : un Ray of Light qui insiste à l'heure où chien et loup font bon ménage.

À quoi pensent les jazzmen quand ils sont d'humeur légère ? À s'amuser, bien sûr. Ils ont même inventé un terrain de jeu idéal pour cela, les jam sessions. L'une des plus célèbres fut organisée par le facétieux guitariste Slim Gaillard, celui-là même qui fit les 400 coups avec le bassiste grommelant Slam Stewart. 1945, il invente un langage surréaliste, le vout et apostrophe le batteur Zutty Singleton, le pianiste Dodo Marmarosa, le ténor Jack McVea, et les deux stars de l'époque, Charlie Parker et Dizzy Gillespie. La légèreté aux éclats.

Restons au sommet : soon, Ella revient.

Sur le même thème

La programmation musicale :

    Mother Nature

    Koko TaylorALBUM : « Force of Nature »LABEL : Alligator
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    Besame Mucho

    Michel PetruccianiALBUM : « Au Théâtre des Champs-Elysées »LABEL : Dreyfus
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    Ray of Light

    Leon ParkerALBUM : « 90, The Jazz Years » LABEL : Columbia Legacy
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    Perfume de Mulata

    Jean-pierre MasALBUM : « Rue de Lourmel »LABEL : Owl
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    Soon

    Ella FitzgeraldALBUM : « Pure Ella »LABEL : MCA
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    Purple Gazelle

    Duke EllingtonALBUM : « Afro-Bossa »LABEL : Discovery
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    Slim's Jam

    Slim GaillardALBUM : « Slim Gaillard - His Best Recordings, 1938-46 »LABEL : Best of Jazz
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    JC On the Set

    James CarterALBUM : « JC On the Set »LABEL : DIW
    JC On the Set

    Bebop

    Dizzy GillespieALBUM : « For Musicians Only »LABEL : Verve
    Bebop
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