Vendredi 26 septembre 2014
15 min

Le concert d'ouverture de la saison de l'Orchestre de Bâle avec Elisabeth Leonskaja

Ouverture jeudi soir de la saison 14/15 de l’Orchestre Symphonique de Bâle avec Maderna, Stravinsky, et la grande dame du piano russe dans Beethoven. Benjamin François a assisté à ce concert inaugural et nous propose son analyse, " au saut du lit".

guillemets ouvrants
guillemets ouvrants

Le Stadtcasino accueillait jeudi le concert d’ouverture de l’Orchestre symphonique de Bâle (Sinfonieorchester Basel) et son chef en titre, l’américain Dennis Russell Davies, également titulaire de l’Orchestre de Linz en Autriche.

Trois œuvres figuraient au programme : on passera sous silence la curieuse et peu intéressante transcription pour orchestre du motet gabriélien In ecclesiis de Bruno Maderna pour se concentrer sur le 2ème Concerto pour piano de Beethoven et L’oiseau de feu d’Igor Strasvinsky.

L’événement de cette soirée demeurait la grande dame du piano russe, Elisabeth Leonskaja, auréolée des trois sésames du piano international, les concours Enesco, Marguerite Long et Queen Elisabeth et une carrière internationale. Elle incarne aujourd’hui la grande tradition, celle des David Oïstrakh, Sviatoslav Richter ou Emil Gilels. Nos attentes étaient donc immenses de l’entendre grâce à la magie du concert. Alors on reste certes totalement admiratif de cette grande noblesse de jeu qui constitue cette aura si particulière. Cette douce sobriété nous apparaît aux antipodes d’un geste musical soucieux du grand spectacle et d’effets de manche. Du coup, l’orchestre est un peu contraint de se réfugier lui aussi dans une certaine droiture, au lieu de prendre la parole avec véhémence. La rhétorique beethovénienne s’en trouve un peu contrainte dans l’Allegro et le Rondo final, mais cela fonctionne merveilleusement dans l’Adagio central du 2ème Concerto pour piano Op. 19.

Au total, un jeu très objectif d’où émane, il est vrai, une grande force intérieure. Notre espoir de retrouver des sommets tutoyés par un Grigory Sokolov en juillet dernier au Festival de Colmar auront-elles été déçues ? Disons qu’Elisabeth Leonskaja ne cherche pas à déchaîner les passions brûlantes. Alors on rentre chez soi un brin sur sa faim, habité par un petit bonheur tout intérieur, avec ce Beethoven pas extraverti ni démonstratif pour deux sous, mais qui vous habitera certainement longtemps encore.

guillemets fermants
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Stravinsky dirige son Oiseau de feu

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