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Entretien
Jeudi 10 juin 2021
3 min

Violences sexuelles : la musique classique n'est pas épargnée

C'est un coup de tonnerre qui s'abat sur le milieu de la musique classique ! Dans une enquête publiée par Mediapart, le journaliste Antoine Pecqueur révèle plusieurs accusations de violences sexuelles, notamment au Conservatoire national supérieur de Paris où un professeur vient d'être suspendu.

Violences sexuelles : la musique classique n'est pas épargnée
Une enquête publiée dans Mediapart met en lumière différentes accusations d'agressions sexuelles dans le milieu de la musique classique, © Getty / PHOTOGRAPHY BY BERT.DESIGN

C’est l’effet d’une bombe qui tombe sur le milieu de la musique classique ! La parution mercredi dernier d’un article dans Mediapart signé Antoine Pecqueur, chroniqueur à France Musique mais également rédacteur en chef à La Lettre du musicien, titré : "Conservatoires : le #Metoo de la musique classique" a suscité l'indignation.
Le journaliste nous éclaire à travers sa large enquête sur la suspension d’un professeur de violoncelle au CNSM de Paris en mars dernier, à la suite d‘accusation de violences sexuelles sur des étudiants. Cette suspension intervient après qu’une enquête interne au conservatoire a dévoilé différentes alertes émises par des étudiants.
"Au fil d’un travail long de plus de 4 mois, le but a été de recueillir le maximum de témoignages que l’on peut lire dans l’article, certains préférant garder parfois leur anonymat, toujours en essayant d’avoir au maximum l’avis des 2 cotés" nous explique Antoine Pecqueur.
Le journaliste rappelle que l’enquête réalisée en interne par le conservatoire, lancée suite à un premier signalement, est une première dans l’histoire de l’institution. "Il était enfin temps de pouvoir libérer la parole dans une institution comme le CNSM" constate Antoine Pecqueur.

Cette enquête intervient de manière plus globale sur un sujet qui préoccupe le gouvernement depuis plusieurs mois maintenant, celui du harcèlement dans l’enseignement supérieur artistique et culturel. Ainsi le ministère de la Culture avait décidé de mener de son côté une grande enquête sur ce sujet. Selon Antoine Pecqueur, dans ce questionnaire réalisé par le gouvernement, 8,6% des répondants en musique et en danse affirment avoir été victimes d’agressions sexuelles. "L’heure est d’interroger le fonctionnement même de ces établissements. C’est ce qu’a fait Emilie Delorme, la directrice de l’établissement parisien, en lançant cette enquête interne au conservatoire" déclare le journaliste.

Un phénomène qui concerne d’autres conservatoires 

Selon Antoine Pecqueur, d'autres faits de même nature se seraient également déroulés dans d'autres conservatoires mais également lors d'activités annexes. "On voit ce qui se passe dans des stages et des académies d’été, où il faut que ces moments soient mieux encadrés. En effet, beaucoup de faits se sont passés dans ce genre d’endroit. Ajouté au manque d’encadrement il y a un manque de transparence". Selon le journaliste, il faut également interroger certaines pratiques : "Le travail avec un instrument nécessite une approche liée au corps même de l’interprète, il faut l’encadrer. On peut aussi réfléchir à l’organisation des cours en face-à-face ou sur le fait de mettre davantage de surfaces vitrées dans les établissements. L’éducation nationale a mis en place beaucoup de processus, il serait bon de s’en inspirer…."

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